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«Le principe de précaution est trop large»

«Le principe de précaution est trop large»

SCIENCEBertrand Monthubert, président du collectif Sauvons la recherche, veut que les citoyens soient...
Propos recueillis par Mohamed Najmi

Propos recueillis par Mohamed Najmi

Le principe de précaution revient sur la table de la recherche. La commission présidée par Jacques Attali qui doit formuler des propositions pour libérer la croissance, propose dans son rapport au président de la République de retirer de la Constitution ce principe. Selon les experts réunis autour de Jacques Attali, le principe de précaution freine les travaux de recherches et donc l’innovation française, in fine. Bertrand Monthubert est mathématicien mais aussi président du collectif Sauvons la recherche. Il demande un nouveau contrôle citoyen…


«Le principe de précaution n’est pas très bien défini. Il est trop vague et trop large pour être compris et efficace. Il peut être tellement large qu’effectivement certains recherches intéressantes peuvent être freinées. Certes, l’idée de départ est bonne: après l’apparition des premiers problèmes sanitaires et environnementaux, on a voulu mettre en place un contrôle de la société sur l’ensemble des applications des recherches scientifiques. Or il faut distinguer recherche et application. Ne pas tout mélanger car ce n’est pas la même chose. Une même avancée, par exemple les tests ADN, peut s’avérer soit positive ou négative en fonction de son utilisation et des limites qu’on définit à l’application.


«On peut revenir sur l’amendement Mariani car c’est un cas d’école puisque ce texte arrive à contourner la loi bio-éthique qui est censée délimiter les outils basés sur la génétique. Là, le principe de précaution n’a servi à rien. C’est pourquoi les citoyens doivent être impliqués quant à l’utilisation des recherches scientifiques. Ce que ne permet pas le principe. Il faut créer des structures qui permettront un vrai dialogue entre scientifiques et citoyens, dont un des principaux objectifs serait de régler la crise de défiance qu’il y a entre la société et la communauté des scientifiques. Par exemple, il faudrait mettre sur pied une sorte de haut conseil scientifique, composé de chercheur et de citoyens, et qui soit en plus indépendant du pouvoir politique, ce qui n’est pas le cas avec toutes les organisations existantes. Ce qu’il faut ce sont des choses concrètes.»