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L’armée américaine se dote d'un «cyber-commandement»

L’armée américaine se dote d'un «cyber-commandement»

CONFLITFace aux menaces chinoises et russes la Maison-Blanche veut centraliser la protection des réseaux...
M.N

M.N

L’Internet est aussi une zone de guerre. Et comme pour tout champ de manoeuvre, il faut un commandement pour le superviser. Un manque que vont combler les forces armées américaines en se dotant d’un cyber-commandement. L’objectif de cette structure inédite dont l'idée a été lancée en juin et qui sera installé sur la base aérienne de Barksdale (Louisiane): contrer les attaques visant ses réseaux informatiques ou ses systèmes de communication numériques d’outre-Atlantique.


Selon le général Charles Ickes, elle «entraînera et équipera des forces de l'armée de l'air pour mener des opérations dans le cyberespace, en complément des opérations aériennes et spatiales». Dévoilée officiellement mardi lors du 60e anniversaire de l'armée de l'air américaine, la structure initiale laissera sa place dans un an au premier commandement permanent de l'armée de l'air, entièrement dédié aux opérations de «cyber-guerre».


Guerre froide électronique


Car l’heure est aux grandes manœuvres électroniques hostiles sur les réseaux. Dans la ligne de mire des Américains : Moscou et Pekin. Le directeur du renseignement américain, Michael McConnell, a expliqué lors d’une audition au Congrès (Washington) que «les services de renseignement étrangers chinois et russes figurent parmi les plus agressifs à l'égard des systèmes informatiques américains sensibles et protégés». Et de préciser: «Leurs efforts atteignent les niveaux pratiqués durant la guerre froide.»


Les attaques se multiplient


L’histoire de la cyber-guerre s’est accélérée ces derniers mois. En mai, une crise diplomatique entre le petit état Balte de l’Estonie et son grand voisin russe s’est muée en une série d’attaques-représailles sur les serveurs des administrations, des deux côtés de la frontière.


Et il y a quelques semaines, la Chine, via des hackers de l’Armée de Libération, a été accusée d’avoir mené en juin une offensive majeure de piratage sur les serveurs des administrations américaines (Pentagone), allemandes (ministère de l’Industrie) et anglaises (Whitehall). Des attaques sur les installations informatiques du Pentagone confirmées par Georges W. Bush. Avouant même au «Financial Times» qu’en cas de cyber-attaque les Etats-Unis étaient «vulnérables». Une vulnérabilité que les Américains entendent réduire avec le cyber-commandement de Louisiane.