Quand le satellite joue les pompiers

INCENDIES Pour faire le bilan des ravages provoqués par les feux en Grèce, les satellites entrent en action...

M.N

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Une carte montrant les fumées des incendies au nord d'Athènes  (Images de Spot et Infoterra).
Une carte montrant les fumées des incendies au nord d'Athènes  (Images de Spot et Infoterra). — DR

Pour surveiller les feux gigantesques, comme ceux qui ont touché la Grèce ces dernières semaines, les pays de l’Union européenne ont de plus en plus recours aux moyens satellites. Des engins dont les équipements permettent de sonder les terrains et de mesurer les surfaces détruites avec une très grande précision. «Nous avons mesuré 170.000 hectares de surfaces brûlées dans le Péloponnèse et 20.000 hectares au nord d’Athènes», raconte Gil Denis, responsable chez Infoterra, une société basée à Toulouse qui exploite les images des satellites Spot 5 et Envisat. «Soit l’équivalent d’un carré de 45 km de côté.»

A voir le diaporama des images satellites des foyers de feux…

Ce qui fait dire au spécialiste de l’imagerie satellite que «le gouvernement grec a pu être débordé» et n’a peut être pas bien préparé la saison. Car les dégâts humains et sylvicoles sont énormes.

Prévention

Les satellites sont utilisés, aussi, dans un but de prévention. Spot 5, qui photographie ce que voit un œil humain, arrive à délimiter les zones à risque, aide à repérer les points fragiles d’un relief. Gil Denis : «Même quand un feu est arrêté, il faut continuer à le surveiller. C’est certain, les arbres vont repousser mais c’est là que les feux peuvent reprendre plus facilement.»

Plus sûr que l’avion

L’imagerie satellite peut aussi suppléer les avions en cas de cyclone ou d’inondations. Des satellites radars sont capables de délimiter les zones dévastées par les eaux, même en cas de couche nuageuse épaisse. Une solution sûre puisque l’avion ne peut pas toujours survoler les zones en cas de grosses intempéries. De là à dire qu’un satellite positionné à 800 km du sol peut repérer le départ d’un incendie ou d’une tempête, Gil Denis reste prudent: «Non, car les moyens techniques ne le permettent pas encore.»