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Intel sous la surveillance de Bruxelles
TECHNOLOGIE – Accusé de pratiques commerciales déloyales, le fabricant californien risque une amende de 2,5 milliards d’euros…M.N
Intel ne serait pas fair-play. C’est la conclusion d’une enquête menée par la Commission européenne à la suite d’une plainte en 2000 de l’autre grand fabricant de microprocesseurs AMD (Advanced Micro Devices). Dans une lettre adressée vendredi à Intel, Bruxelles accuse le fabricant californien de pratique commerciales «abusives» pour «exclure son principal rival AMD du marché des microprocesseurs x86». «X86» désigant l'architecture sur lequel sont construit les produits d'Intel et d'AMD.
Méthodes illégales
Dans son document, la Commission a listé trois type de pratiques commerciales qu’elle juge condamnables. Durant la période allant de 2003 à aujourd’hui, Intel a consenti des rabais à des producteurs d'ordinateurs à condition qu’ils se fournissent en microprocesseurs de sa fabrication. Autre accusation: Intel a versé des sommes d’argent pour que les constructeurs d’ordinateurs retardent le lancement de produits intégrants des processeurs estampillés AMD. Dernier grief: selon Bruxelles, la firme californienne a pratiqué du «dumping» sur les prix de ses composants, en proposant des microprocesseurs à un prix de vente inférieur au coût réel de fabrication.
Exclure AMD
Un panel de méthodes anti-commerciales, contraire à l’article 82 du traité européen, visant à s’assurer des partenariats stratégiques avec des fabricants de serveurs informatiques. Et donc chasser AMD du marché mondial du processeur. Toutes ces méthodes constituent, selon les autorités européennes, un abus de position dominante. Le fabricant de la Silicon Valley dispose de dix semaines pour répondre aux requêtes européennes. Si aucune réponse convaincante n’arrive sur le bureau de la Commission, avant le 8 octobre, Intel pourrait payer une forte amende: 10% de ses revenus engendrés en 2006. Soit environ 2,5 milliards d’euros.
Intel confiant
Mais d’ores et déjà Bruce Sewell, conseiller d’Intel, a éludé en avançant, «confiant», que «la procédure de la Commission est basée sur la plainte d’un concurrent». Comprendre : les consommateurs ne se plaignent pas, eux.



















