Start-up: Les licornes, une espèce en voie d'explosion

ECONOMIE Il y a désormais 140 jeunes pousses valorisées à plus d'un milliard de dollars...

P.B.

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Illustration d'une licorne.
Illustration d'une licorne. — SIPANY/SIPA

Le nom est presque devenu ironique. Une licorne – une start-up non cotée en Bourse valorisée à plus d’un milliard de dollars – était une espèce aussi rare que l’animal mythologique. Mais désormais, il y en a 140 dans le monde, selon le dernier rapport sur l’investissement en capital-risque de KPMG et CB Insights. Et la croissance s’accélère.

Rien que sur le dernier trimestre, 23 nouvelles start-up ont rejoint ce club des milliardaires, soit presque une et demi chaque semaine. C’est deux fois plus qu’à la même période l’an dernier.

Un club essentiellement américain

Sur les 23 nouvelles pépites, 17 sont américaines, trois asiatiques et trois européennes, dont le Français BlaBlaCar, leader du covoiturage longue distance. Avec seulement trois licornes au total, la France n’est qu’en cinquième position en Europe, loin des 17 du Royaume-Uni.

Si l’Europe reste dynamique dans la création de start-up, cela coince lors du troisième ou quatrième tour de table, qui permet souvent de passer dans la cour des grands. Sur le dernier trimestre, les VC (venture capitalists, investisseurs en capital-risque) ont injecté 20 milliards de dollars aux Etats-Unis. C’est six fois plus qu’en Europe (3,5 milliards).

Bulle ou pas bulle ?

Naturellement, avec cette croissance qui s’accélère, les discussions sur le spectre d’une nouvelle bulle Internet continuent d’agiter la Silicon Valley. « Il n’y a jamais eu autant d’argent », relève le patron de CB Insights, Anand Sanwal. 20 milliards de dollars aux Etats-Unis, c’est autant (ajusté sur l’inflation) que les 13 milliards de la même période en 1999. Mais certains relèvent qu’il y a aujourd’hui presque 10 fois plus de personnes connectées à Internet qu’à l’époque, ce qui multiplie les opportunités.