Quand les «gaming zones» prennent le large

JEUX VIDEO La 5e édition de la Coupe du monde des jeux vidéo était organisé ce week-end à Paris...

Guillemette Echalier

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Démo de World of Warcraft entre les Français de Millenium et les Suédois de Nihilum.
Démo de World of Warcraft entre les Français de Millenium et les Suédois de Nihilum. — Guillemette Echalier

Ici, les terrains sont des «gaming zones», les joueurs professionnels des «pro gamers» et les tournois des «lans». Appelés sans équivoque en anglais «electronic sports», ils ont leurs fans, leurs clubs d’entraînements et leurs champions. Et même une coupe du Monde, désormais incontournable.

La 5e édition de la Coupe du monde des jeux vidéo (Electronic Sports World Cup, ESWC), organisée du 5 au 8 juillet porte de Versailles à Paris, figure désormais parmi les événements incontournables pour la communauté des « pro gamers » du monde entier. Loin encore du faste et de l’ampleur qu’atteint l’autre Coupe du monde organisée en Corée, où les jeux vidéo sont hissés au rang de sport national, la manifestation française a tout de même drainé près de 712 joueurs licenciés de 52 pays différents. Sans compter leurs coachs, soient 1000 personnes à accueillir.

Un public féminisé
« Depuis 2003, tout a explosé, se réjouit Adrien Vincent, directeur général de Games Services, qui organise l’événement. Nous estimons à plus de 40.000 le nombre de visiteurs sur les quatre jours contre 1.000 lors de la première édition. Surtout le public s’est féminisé et la tranche d’âge va de 12 à 30 ans. »
Preuve de cette féminisation de l’univers des jeux vidéo, l’engouement suscité par les BTB. Arrivées 3e cette année à l’épreuve féminine de Counter-Strike (CS), perdant ainsi leur titre mondial, les cinq françaises de Be The Best signent des autographes, posent pour leurs fans et se prêtent au jeu des interviews sous le regard attentif de leur coach.

180 000 dollars de gains distribués.
Car CS est évidemment la discipline reine. Et celle où les gains sont les plus importants. Certes, ils n’atteignent pas le niveau de ceux d’un tournoi de tennis du Grand Chelem. Mais l’équipe masculine qui remporte la Coupe repart tout de même avec 40.000 dollars en poche. En tout, ce sont 180.000 dollars qui sont distribués entre les gagnants de CS, de Quake IV, Warcraft 3, PES6 et Trackmania Nations. Dans ce dernier, un jeu de course automobile sur PC, à l’image des circuits de F1 bien réels, les marques peuvent même acheter des espaces publicitaires. Une autre conséquence de cette professionnalisation du gaming.

Après cinq éditions en France, l’ESWC pourrait bien prendre le large. Adrien Vincent confiait ce week-end que la Coupe du monde, forte de son succès, avait « vocation à partir à l’étranger dans une grande capitale internationale». Pour 2008, alors rendez-vous au Brésil, en Chine, en Russie, aux Etats-Unis ou en Malaisie ? L’appel à candidatures a été lancé.