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]Ces échecs technologiques: Monéo paie les pots cassés

Ces échecs technologiques: Monéo paie les pots cassés

SÉRIE D’ÉTÉEchecs commerciaux ou échecs d'estime, « 20 Minutes » retrace l'histoire de ces objets présentés comme révolutionnaires mais tombés dans l'oubli...
Hélène Sergent

Hélène Sergent

Monéo, c’est bel et bien terminé. Les derniers détenteurs de la carte avaient jusqu’au 28 juillet pour récupérer l’éventuel solde restant. Le service, inauguré à Tours en 1999, n’est pas parvenu à s’imposer dans les modes de paiement des Français.

Comment ça marchait ?

Dans des spots publicitaires qui fleurent bon la fin des années 90, Moneo apparaissait comme une innovation porteuse à la veille du passage à l’euro. Chaque consommateur pouvait effectuer un virement sur cette carte à puce puis régler ses achats du quotidien, sans que le montant n’excède trente euros. Pour s’imposer, l’entreprise a noué divers partenariats notamment avec certaines municipalités pour les règlements de stationnement ou encore au sein des restaurants universitaires.



Pourquoi c’est un échec ?

Malgré les efforts déployés par Moneo, l’échec est inévitable. Pour Catherine Lejealle, sociologue des nouvelles technologies, l’innovation présente un handicap majeur : « Il était très difficile de percevoir un avantage et les lieux qui acceptaient ce moyen de paiement n’étaient pas suffisamment nombreux ». Or la chercheuse insiste, pour qu’un objet soit adopté par une majorité de la population, il faut veiller à minimiser les freins financiers et psychologiques.

A l’époque, la conservation et la centralisation des données de paiement inquiètent les associations de consommateurs. Dans un billet publié le 24 novembre 2005, UFC-Que Choisir qualifie l’outil d'« inutile et cher ». Une inquiétude qui touche aujourd’hui les applications de paiement sans contact : « Quand une peur s’installe chez le consommateur, il est très compliqué ensuite de la dissocier du produit », souligne la sociologue. L’arrêt de la carte Monéo ne signifie pas pour autant la fermeture de l’entreprise puisqu’elle entend désormais se concentrer sur les titres restaurant des salariés.