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Ces échecs technologiques: Le visiophone

Ces échecs technologiques: Le visiophone trop précurseur

SÉRIE D’ÉTÉ (3/5)Echecs commerciaux ou échecs d'estime, « 20 Minutes » retrace l'histoire de ces objets présentés comme révolutionnaires mais tombés dans l'oubli...
Hélène Sergent

Hélène Sergent

Jules Verne en rêvait, le XXe siècle l’a fait. Créer une machine capable de coupler son et image a alimenté l’imaginaire de nombreux auteurs de science-fiction. Lancé en 1971 par Matra, le visiophone, invention franco-française est probablement né trop tôt. Si l’objet, à l’image du Minitel, a fini par disparaître, la technologie, elle, a survécu.

Comment ça marchait ?

Comme avec le Bi-Bop, France Telecom se positionne en réalisant diverses études sur la visiophonie, déjà commercialisée sans grand succès aux Etats-Unis depuis le milieu des années 60. Voir et entendre, ce rêve séduit le CNET (Centre National d’Étude des Télécommunications) et l’entreprise Matra, qui s’allient pour élaborer le premier visiophone.

L’appareil propose une image en noir et blanc et nécessite un abonnement mensuel. Il faut attendre le milieu des années quatre-vingt pour que le premier visiophone en couleur soit commercialisé. Le concept séduit quelques entreprises, notamment les précurseurs du télétravail, mais peine à s’installer dans les foyers.



Pourquoi c’est un échec ?

Au moment de son lancement, les débits sont trop faibles pour assurer une qualité d’image optimale. Pour autant, il ne serait pas juste de parler d’échec en tant que tel souligne Nicolas Nova, auteur des Flops technologiques-Comprendre les échecs pour innover (Ed. FYP) publié en 2011: « Il est important de différencier les produits qui échouent et les catégories de produits. Le visiophone de Matra est un produit qui a échoué certes, mais dans une catégorie de produits qui a fini par s’imposer dans nos modes de vie ».

Il faut attendre l’arrivée et la démocratisation des smartphones et des réseaux 3G pour que les outils de visiophonie comme Skype, Viber ou Whatsapp connaissent un succès d’estime auprès du grand public. Une réussite qui n’aurait pas été possible sans les expérimentations passées, conclut Nicolas Nova : « Ces produits ont été de formidables plateformes de test, à la fois pour les constructeurs et pour les utilisateurs ».