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Les apprentis marsionautes vont «vivre 520 jours d’isolement dans une lumière artificielle»

Les apprentis marsionautes vont «vivre 520 jours d’isolement dans une lumière artificielle»

ESPACEL’agence spatiale européenne (ESA) recrute pour simuler un voyage sur Mars. Explications de Franco Bonacina, porte-parole de l'agence ...
Propos recueillis par Mohamed Najmi

Propos recueillis par Mohamed Najmi

L’ESA cherche des volontaires pour simuler l’exploration de Mars. Ils seront l’objet d’analyses du comportement humain dans des conditions extrêmes. Des expérimentations qui se feront à Moscou et dureront deux ans. Franco Bonacina, porte-parole de l'agence spatiale européenne, répond aux questions de 20minutes.fr...


Est-ce que tout le monde peut envoyer un CV pour jouer l’astronaute?

Non, c’est sérieux. Il faut avoir entre 25 et 50 ans. Etre en bonne santé et être citoyen d’un pays européen qui participe à l’ESA. Aussi, on veut des gens ayant une grosse culture dans un domaine comme la médecine, la biologie ou l’informatique. Des gens aux profils le plus proche possible de nos astronautes.

Donc, en dessous de Bac+5 s’abstenir?

Non, mais il faut avoir un niveau de qualification certain pour pouvoir travailler avec les techniciens et ingénieurs qui superviseront les opérations. En plus, le candidat doit avoir un bon niveau en anglais. Et avoir quelques notions de russe: la simulation en milieu fermé se fera à Moscou et il y aura deux Russes.


Dans quelles conditions se feront les simulations ?

Les candidats seront enfermés dans des caissons de 200m2. Ils ne verront pas la lumière du jour. Ce qui veut dire pour les candidats: vivre 520 jours (1 an et demi d’isolement) dans une lumière artificielle. Les conditions ne seront pas faciles. Par exemple, on va simuler les temps de transmissions entre Mars et la Terre. Nous savons qu’il faut 30 à 40 minutes pour établir une liaison radio. Ce qui veut dire que les techniciens et les ingénieurs répondront aux «cobayes» avec un temps de retard équivalent.


Les fumeurs ne sont pas bienvenus?

On ne prendra pas de fumeurs. On veut être le plus proche possible des conditions réelles d’une navette dans l’espace ou d’un module posé sur le sol martien. Personne ne pourra sortir avant la fin, sauf en cas d’urgence. Si un candidat a un petit bobo ou un souci de santé, il restera à l’intérieur. De toute façon, nous sélectionnerons un médecin parmi les douze. Une mission de ce genre ne se fait jamais sans un astronaute-médecin.


Allez-vous simuler l’apesanteur ?

Non, comme les conditions de vie en apesanteur sont très bien connues maintenant, les passagers seront comme dans un avion sans hublot. L’objectif est plus de tester le comportement psychologique, la résistance au stress, la cohabitation entre des gens qui viennent de différentes cultures.


Et ce n’est pas la première fois que des hommes vivent dans l’isolement. Pourquoi une nouvelle expérience?

Des astronautes ont vécu des semaines ou des mois dans la station Mir ou dans la station spatiale internationale. Le maximum a été réalisé par les Russes avec 230 jours d’isolement. Mais, des séjours de plus d’un an n’ont jamais été effectués. Pour Mars, on a besoin d’en savoir un peu sur les limites psychologiques de l’homme, et aussi nous voulons analyser un nombre de situations qui nous aiderons à gérer nos astronautes dans le futur. Notamment tout ce qui est intervention médicale à distance.


Pourquoi ne pas utiliser l’ISS?

La station internationale est surchargée. Elle est utilisée en permanence pour d’autres missions.


Combien coûte cette expérimentation?

1,5 million d’euros pour payer les modules que nous sommes en train de monter à Moscou et la prise en charge des douze «cobayes». Et c’est moins cher que s’il fallait le faire sur l’ISS.