Apple et Twitter recrutent des journalistes

EMPLOI Contrairement à Google et son algorithme, les deux sociétés font le choix d'embaucher des journalistes expérimentés pour gérer leur application...

20 Minutes avec agence

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Un logo de Twitter devant la bourse de New York en 2013.
Un logo de Twitter devant la bourse de New York en 2013. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Il y a Google News, Facebook Instant ou Flipboard. Et voici que débarque Apple News, et que Twitter lance son projet Lightning. Les géants du Web se lancent dans la chasse à l’informaion, à grand renfort de nouvelles applications et de promesses. Notamment celles d’une actualité « sur mesure » et « instantanée ».

Seulement voilà pour donner crédibilité et assurance à ces poids lourds de l’informatique que certains disent « nouveaux rédacteurs en chef » d’une presse en crise, il faut se donner une caution journalistique. Ainsi, le géant de Cupertino (Californie, Etats-Unis) a choisi d’embaucher des journalistes expérimentés pour gérer son application consacrée aux informations, contrairement à ses concurrents qui s’appuient sur des algorithmes.

Des journalistes « passionnés et compétents »

« Apple veut que ses nouvelles soient créées par des êtres humains et non par des algorithmes, en accord avec la réputation de la marque qu’il défend », a lâché à l’AFP voici quelques jours Judd Slivka, professeur de journalisme à l’université du Missouri, spécialisé dans les contenus pour appareils mobiles.

Certes Apple n’a vraiment pas détaillé son projet mais indique sur sa page d’embauches rechercher « des journalistes passionnés et compétents pour permettre d’identifier et de publier ce qu’il y a de meilleur en matière d’informations nationales, internationales et locales ». L’avis précise que ces journalistes « doivent avoir l’instinct pour les informations de première importance mais aussi être capables d’identifier des histoires originales qui ne seraient pas repérées par des algorithmes ».

 

Depuis une semaine, l’annonce tourne en boucle sur le blog de la marque à la pomme… et sur Twitter. Là où, le petit oiseau bleu fait également savoir depuis qu’il recherche, lui aussi, des journalistes capables de débusquer « des thématiques intéressantes pour les internautes, qui seront insérées dans un magazine ».

« Sept et dix contenus événementiels quotidiens »

Des journalistes qui œuvreront donc pour le compte de Lightning, cette nouvelle application qui indiquera, pour chaque thématique, une sélection de contenus, triés sur le volet par des nouveaux salariés du site de microblogging. En d’autres termes, il s’agira de proposer à tous, la visualisation de diverses thématiques basées (sports, culture, monde, etc.) sur les messages ou les hashtags les plus populaires.

D’après Zone Numérique, Twitter espère séduire les internautes en proposant entre « sept et dix contenus événementiels quotidiens ». Un sérieux concurrent donc pour Apple News qui veut « suivre des millions de sujets et en extraire les plus intéressants en fonction de vos intérêts spécifiques » (1).

« Beaucoup de gens ne veulent pas être informés par des robots »

A ceci près, que l’oiseau bleu n’a encore indiqué quand il espérait sortir son projet de « news sur mesure » et que, selon Joshua Benton, du Nieman Journalism Lab, grâce à la popularité des produits Apple « cette application sera sur des centaines de millions d’appareils dès son lancement ».

En se donnant une caution journalistique et « humaine », Apple et Twitter pourraient plus séduire que leurs concurrents, estime Dan Kennedy. « Beaucoup de gens ne veulent pas être informés par des robots qui décident ce qui les intéresse », affirme le professeur de journalisme à l’université de Northeastern. « Surtout si vous n’avez pas votre mot à dire dans le processus de sélection de ce robot. L’algorithme utilisé par Facebook est tout à fait mystérieux et les gens commencent à ne pas aimer cela. »

(1). Cela place Apple et Twitter sur un tout autre terrain que celui de Facebook qui veut mettre au point des formules informatiques lui permettant de délivrer les informations à ses utilisateurs en fonction de leurs habitudes de fréquentation de l’internet, leur démographie et leurs intérêts.