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Internet ou la tentation de Big Brother

Internet ou la tentation de Big Brother

INTERNET – Les firmes du Web qui vous regardent...
M.N

M.N

Le web nous espionne-t-il? Par deux fois cette semaine, l’actualité de deux des entreprises phares repose une question vieille comme les nouvelles technologies. La semaine dernière, Apple avait promis aux internautes des fichiers musicaux sans DRM, c’est-à-dire totalement libres d’être utilisées, voire échangés, sur plusieurs supports de lectures. Or il apparaît que iTunes enregistre l’identité et l’adresse email de l'utilisateur, des informations enregistrées à chaque achat de piste mp3.


Certains auditeurs ont bien ouvert les fichiers d’iTunes avec un simple éditeur de texte et ont constaté qu’il est possible de supprimer les données personnelles. Mais le fichier mp3 ne pourra être lu, ni par iTunes, ni par Winamp ou tout autre logiciel. Mieux— ou pire — d'après ces informaticiens, aucun lecteur mp3 ne supporte les nouveaux fichiers dits «libre». L’iPod excepté, évidemment.


Espionner pour mieux vendre


Que veut faire Apple avec ces informations ? Empêcher l'échange des morceaux via le peer-to-peer ? Ce qui est logique. Ou surveiller les internautes via les partages légaux de ces fichiers? Autant d’interrogations et d’énervement chez les internautes. Pour le blogueur Philippe Astor «EMI (ndlr : maison de disque) et Apple nous auraient largement enfumés avec cette histoire d’abandon des DRM».


Robert Lefsetz, chroniqueur américain, se fait plus incisif. Il accuse l’industrie du disque de «remplacer un système de DRM par un autre». Et devant cette tentative de flicage, il finit par vitupérer: «Pourquoi ne mettent-ils pas une caméra dans mon lit pendant qu’ils y sont?»


La caméra, justement, Google Maps l’utilise allégrement et commence à déranger. En cause: «Street View», la dernière nouveauté de la firme californienne. L’outil permet de voir avec un champ de vision de 360 degrés les rues de cinq villes américaines: Denver, Las Vegas, New York, San Francisco et Miami.


L’oeil de Google


Un «Google Bus», équipé d'une caméra sphérique, a parcouru les villes concernées et filmé les trottoirs et certaines fois les piétons. Le tout sans demander l’autorisation de publication aux personnes prises en photo sur le passage. On y voit même les plaques minéralogiques, les résidences ou des scènes de vie volées par l’œil de la caméra. Deux sites (Streetviewr.com ou Geo-trotter.com) répertorient les images les plus étonnantes.


L’«Electronic Frontier Foundation», une association américaine de défense de la liberté d'expression sur Internet, a réagi et dénonce «l’atteinte à la vie privée». La firme californienne, elle, élude. Pour Google, il ne s’agit «que d’images de l’espace public». Des images dont la diffusion est interdite par la loi américaine.


Cette nouvelle polémique intervient près de deux semaines après la mise en garde de Google par l’Union européenne. L’Europe s’inquiète devant la collecte par le moteur de recherche des informations sur la vie privée des internautes.