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«Avec le Web 2.0, nous vivons aussi un moment historique»

«Avec le Web 2.0, nous vivons aussi un moment historique»

INTERNET – C’est à voir sur 13emerue.fr. Jusqu’au 15 juin, Benjamin Rassat, journaliste et réalisateur, propose un passionnant «Quand Internet fait des bulles». Dans ce documentaire en deux volets de 52 minutes, il revient sur la création d’Internet: une histoire de femmes et d’hommes…
Propos recueillis par Mohamed NAJMI

Propos recueillis par Mohamed NAJMI

Benjamin Rassat est journaliste et jeune réalisateur de documentaires. Ce spécialiste de l’Internet, créateur de la start-up Sport24, a commis un documentaire qui vaut le détour: «Quand Internet fait des bulles». Le journaliste avec sa caméra retrace l’épopée Internet, nous rappelle sa genèse et ses péripéties. Deux fois 52 minutes qu’il s’octroie pour nous faire découvrir les pionniers du Web made in France...


Votre documentaire parle d’Internet mais on voit rarement le héros, le micro-ordinateur. Pourquoi?

C'était l’objectif que je voulais atteindre, c’est-à-dire montrer que l’histoire d’Internet a été faite par des femmes et des hommes. Des gens passionnés qui se sont lancés dans l’inconnu. Des gens qu’on prenait pour des fous. Tous ces créateurs de start–up sont comme «entrés en religions». Certains ont réussi et se sont enrichis. Mais pour d’autres, l’éclatement de la bulle Internet a été catastrophique, avec la dépression au bout. Ce sont eux, les personnages qui ont fait le Web. Oriane Garcia qui lance Caramail, Christophe Agnus, Loïc Le Meur, Charles Beigbeder, Jean-Michel Billaut...


On a l’impression que vos interlocuteurs sont de jeunes loups exploitants les possibilités offerte par un capitalisme triomphant...

Ce ne sont pas de méchants loups. Les pionniers étaient souvent des informaticiens, des spécialistes de la chose technique. Et donc pour réaliser les projets, ils ont été obligés de chercher l’argent. De rencontrer des gens de la finance, de la pub et du marketing. Ils n’ont exploité personne. Plutôt: ils ont participé à une révolution. Ils ne sont pas tous partis vers le Web par vocation. Certains y ont vu une occasion de créer, d’évoluer. Ils ont essayé de se faire leur propre place. Ce que n’avait pas compris l’ancienne génération...


Même pour l’essor de l’Internet en France, il faudra compter sur l’Etat. S’agit-il d’une spécificité française?

Pas vraiment, cela n’a pas été différent aux Etats-Unis où le Web a pris son essor avec l’appui des autorités (ndlr: Internet est basé sur Arpanet, un programme militaire américain). En France, le discours de Lionel Jospin lors des conférences de l’Université de la communication, à Hourtin (Gironde), a été très important. Bizarrement, Jospin n’en savait pas plus sur l’Internet que Chirac, mais, lui, il avait compris que le phénomène allait révolutionner l'économie.


Le fameux minitel est l’autre personnage incontournable. Finalement, a-t-il ou non été un frein à l’essor du Web en France?

C’est vrai, au début, Il y a eu un frein et les Français ont pris du retard. Mais, et c’est très important, le minitel a préparé l’arrivée des connexions dans les foyers. Les gens ont commencé à utiliser un terminal informatique.


La suite pour vous c’est le Web 2.0 ?

On est en plein dedans et sans le savoir nous vivons un moment historique. Et il faudra du temps pour analyser et raconter. Mais je commence à en parler dans la deuxième partie du documentaire.