La France a enfin son fichier unique d'adresses postales, et c'est tant mieux

OPEN DATA Cette base de données d'adresses postales, nouvel exemple d'open data gouvernemental, est disponible pour tous et sera améliorable par tous...

Nicolas Bégasse

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Carte interactive de la Base adresse nationale.
Carte interactive de la Base adresse nationale. — Gouvernement français

Le soufflet infligé par Bruxelles à Google ce mercredi pour abus de position dominante vient de le rappeler: non, le géant américain n’est pas un service public. Et les adresses qu’il affiche sur son site Google Maps ne sont pas forcément celles utilisées par votre commune, la poste, les pompiers ou les impôts. Tous ces acteurs qui ont besoin de connaître votre adresse ne partagent d’ailleurs même pas la même base de données.

«Le problème qu’on a aujourd’hui, ce n’est pas qu’on n’a pas de base de données d’adresses, c’est qu’on en a trop, et chacune est maintenue de son côté, explique Christian Quest, le président d’OpenStreetMap France. Du coup c’est compliqué, coûteux et long de mettre les données de chacune à jour.» Mais ça, c’était avant. Ce mercredi a en effet été lancé par le secrétariat général pour la modernisation de l'action publique la Base adresse nationale (BAN), qui regroupe (de manière non-nominative) les 25 millions d’adresses postales recensées dans le pays. Elle ambitionne de devenir la base de données unique, officielle et participative des adresses françaises.

«Méconnaître la naissance d'une adresse, c'est risquer la mort de quelqu'un»

«Elle a été notamment constituée à partir des bases adresses de La Poste, de l’IGN et de la DGFIP, puis enrichie par les données produites par les administrations et sera nourrie par les contributions citoyennes», explique dans son communiqué le secrétariat général pour la modernisation de l'action publique. Qui se félicite auprès de 20 Minutes que «les citoyens, les collectivités locales et les administrations vont pouvoir parler de la même adresse au même moment».

Mais aussi les secours: «Méconnaître la naissance d'une adresse, c'est risquer la mort de quelqu'un faute de savoir où envoyer une équipe médicale», explique un responsable du Samu de Normandie cité dans le communiqué du secrétariat général.

Participation citoyenne

La BAN aura un entretien collaboratif. «Par exemple, des petites communes sont encore en train de donner des adresses à des lieux qui n’en ont pas encore, illustre Christian Quest. Il faut que la diffusion de ces nouvelles adresses soit aussi large et rapide que possible.» Et parce qu’aucune base de données est dépourvue d’erreurs, les ratés et imprécisions constatés par le citoyen lambda pourront bientôt être signalés et corrigés via le site adresse.data.gouv.fr, qui gère la base de données, son entretien et son accès.

C’est là aussi que les professionnels pourront profiter du côté open data de cette base de données unique. «Pour les entreprises, la BAN est un outil de fiabilisation et d’optimisation de leurs fichiers d’adresses», explique le secrétariat général. «On a développé des outils qui permettent de tirer parti de ces données efficacement, ajoute Christian Quest, y compris au bénéfice de start-up ou d’entreprises qui auraient envie d’en faire usage.»

En attendant, faites un petit tour sur la carte interactive qui accompagne la BAN, et tapez-y la localisation de votre domicile. Il ne faudrait pas que la nouvelle base de données française unique et officielle se plante sur votre adresse.