Freebox Mini: Free et Google enterrent la hache de guerre

TECHNOLOGIE La nouvelle box tourne sous Android TV...

Philippe Berry

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Le patron de Free (Iliad), Xavier Niel, dévoile la Freebox Mini 4K sous Android TV, le 10 mars 2015.
Le patron de Free (Iliad), Xavier Niel, dévoile la Freebox Mini 4K sous Android TV, le 10 mars 2015. — R.MEIGNEUX/AP/SIPA

Le ralentissement volontaire du débit YouTube? La prise en otage de la pub? Les déclarations incendiaires? C'est du passé. Mardi, Free et Google ont enterré la hache de guerre avec la présentation, par Xavier Niel, d'une nouvelle Freebox Mini 4K sous Android TV, l'offensive 2.0 de l'entreprise de Mountain View pour se faire une place dans le salon.

«On a décidé délibérément, volontairement, de faire rentrer Google dans la maison», a commencé Niel, conscient de l'ironie de la situation. «On aime bien vous prendre un peu à contre-pied. On a fait le choix du système le plus utilisé dans le monde, de la boutique Google Play Store, des apps et de tout l'écosystème Android», justifie le dirigeant.

Un projet en développement depuis «12 mois»

Le loup est-il entré dans la bergerie? Au colloque de l'Arcep, le 10 octobre dernier, le directeur général d'Iliad, Maxime Lombardini attaquait Bouygues, qui propose également Android TV sur sa Bbox Miami, soulignant que Free, lui, ne «donnait pas» les clés de sa box à Google.

Dans une interview avec 01Net réalisée après la keynote, Xavier Niel se défend. «Moi, j'ai jamais dit ça, et puis on travaille dessus avec Google depuis douze mois.» «Si demain les Français ont envie d'utiliser leur téléviseur avec une box Android TV, ils s'achèteront une box Android TV», martèle-t-il.

YouTube? «Je crois que ça marche bien, non?»

Si Samsung et Apple peuvent travailler ensemble sur des composants de l'iPhone tout en s'attaquant au tribunal, ce nouveau partenariat entre Free et Google n'est pas si surprenant. La pomme de la discorde portait sur le «peering», des accords d'aiguillage sur le trafic entre les créateurs de contenus et les fournisseurs d'accès à Internet (FAI), qui semble avoir été résolu ces derniers mois.

Free refusait de financer des investissements sur son réseau pour garantir un débit minimum à Google pour YouTube. «Je crois que ça marche bien, non? Je lis dans les forums, les gens ont dit que la qualité était parfaite, avec des flux 4K, donc on va supposer que ça se passe bien», répond Niel, le sourire en coin.

Un accord gagnant-gagnant?

Traduction: «Google, comme Microsoft, Netflix, Amazon, ont tous des contrats d'interconnexion payants» avec les FAI, explique à 20 Minutes l'expert Dan Rayburn. Cela ne veut pas dire que Google a directement payé Free. Il a pu prendre en charge une partie des investissements.

L'entreprise américaine, elle, refuse de commenter cette annonce, mais elle a salué sur Twitter l'arrivée de Free dans «la famille Android».

Pour Google, le marché atypique français, centré autour des box, était une forteresse difficile à percer. Via ses partenariats avec Bouygues et Free, il se trouve désormais en position de force. Son cheval de Troie est bien installé.

C'est quoi la 4K?

Une nouvelle résolution vidéo, qui va succéder à la full HD. A 3840x2160 pixels, elle propose huit millions de points, soit quatre fois plus que la norme précédente. Il faut trois choses:

  • un téléviseur compatible 4K (parfois appelé UHD pour «ultra haute-définition»).
  • un décodeur pour le signal vidéo (ici la Freebox).
  • des contenus filmés en 4K: ils sont encore peu nombreux, car il faut un débit d'environ 15 Mbps pour les acheminer correctement.