VIDEO. Des robots assistants un peu trop humains?

BILAN CES 2015 Les humanoïdes présentés au Salon international de l'électronique grand public de Las Vegas entendent moins remplacer les hommes que leur porter assistance...

Marion Pignot

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Les robots humanoïdes Kodomoroid (à g.) et Otonaroid sont présentés dans un musée de Tokyo le 24 juin 2014.
Les robots humanoïdes Kodomoroid (à g.) et Otonaroid sont présentés dans un musée de Tokyo le 24 juin 2014. — YOSHIKAZU TSUNO / AFP

«Bonjour, je m'appelle Chihira Aico. J'ai 32 ans, même si techniquement je suis née en septembre 2014. Regardez comme je suis expressive !»: la Japonaise de 1,65 m tout de rose vêtue sur le stand Toshiba parle, chante, s'exclame en levant les bras, cligne des yeux et sourit même.

Mais sa peau au grain hyperréaliste est en silicone, et elle cache des petits moteurs pneumatiques. Quinze pour son seul visage. Comme Chihira, les robots présentés la semaine dernière au salon international de l'électronique grand public CES de Las Vegas (Etats-Unis) ont capté toutes les attentions. Révolutionnaires certes. Mais ceux qui sont censés porter assistance aux humains, semblent surtout s'attacher à leur ressembler, voire à les remplacer. 

 

 

Chihira, hôtesse d'accueil

«Nous lui avons donné l'apparence d'un être humain, parce que la vraie communication passe aussi par les expressions faciales et les gestes», explique Taihei Yamaguchi, un responsable chez Toshiba. Le robot parle ici en anglais, mais devrait à terme maîtriser n'importe quelle langue, y compris celle des signes. Il n'est pas encore interactif (il fonctionnait au CES avec un programme automatique) et ne peut pas encore se déplacer de manière autonome, mais ça viendra «dans un futur proche», assure Taihei Yamaguchi.

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«Un objectif, ce sont les jeux Olympiques» organisés à Tokyo en 2020, où Chihira Aico pourrait servir d'hôtesse d'accueil, mais «son objectif principal est de servir dans le secteur de la santé», indique toutefois Taihei Yamaguchi. Dans sa démonstration, le robot lui-même envisage aussi de devenir «conseillère, présentatrice de journal télévisé ou pom-pom girl». Le réalisme de Chihira Aico est donc troublant. Un risque que ne veulent pas courir les fabricants de la plupart des robots du CES. Au salon, beaucoup avaient encore une allure androïde, et semblaient plutôt sortis de La Guerre des Etoiles que de Blade Runner.

«Il ne fera pas la cuisine pour vous»

Meccanoid, présenté par le spécialiste des jeux pour enfants Spin Master, a ainsi un corps constitué de pièces de Meccano en polycarbonate, et deux grosses lampes rondes en guise d'yeux surdimensionnés. «Vous pouvez lui faire parler n'importe quel langage ou réaliser n'importe quel mouvement», assurait Bryce Flowers lors d'une démonstration. Meccanoid danse ou «tope là», mais «il ne fera pas la cuisine pour vous», reconnaît-il toutefois.

 

 

Reste que certains de ses cousins se veulent plus productifs. L'entreprise sud-coréenne Future Robot présentait, ainsi, deux modèles à roulettes d'environ 1,60 m reproduisant à gros traits l'anatomie humaine. «Il peut bouger par lui-même. Quand quelqu'un s'approche, il peut le reconnaître et lui parler», détaille Si-Hyeon Kim. Surtout, «vous pouvez le personnaliser, il peut faire de la publicité, de l'impression de tickets, des services bancaires», et est, par exemple, en service dans un aéroport de Rio de Janeiro.

«Aider des handicapés en fauteuil roulant»

«Nous voulions avoir quelque chose qui ait l'air amical, pas trop robotique, effrayant ou intimidant», explique aussi Jon-Michel Sereda, sur le stand de l'entreprise américaine Five Elements Robotics. Le résultat, c'est un grand bac en toile sur roulettes, surmonté d'un long cou courbé se terminant par une « tête » ovale semblant sortir d'un dessin animé. De la taille d'un enfant, il suit automatiquement l'utilisateur grâce à un petit émetteur de quelques centimètres à porter sur soi.

 

 

«Budgee est un assistant personnel qui vous suit et vous aide à porter jusqu'à 22 kilos» de courses, linge, livres ou bagages, précise Jon-Michel Sereda. « Nous l'avons construit avec l'idée d'aider des handicapés en fauteuil roulant.». Enfin, un robot certes sympathique mais qui cherche avant tout plus à être pratique qu'à reproduire l'humain à l'identique.