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«Nous devenons des télespect’acteurs»
INTERVIEW – Gérard Mermet, directeur de l’institut Francoscopie, sociologue auteur du rapport Télé-Visions...Propos recueillis par Anne Kerloc'h
3 questions à Gérard Mermet, directeur de l’institut Francoscopie, sociologue auteur du rapport Télé-Visions.
Selon l’étude Ipsos pour Club-internet, 86% des utilisateurs de la télévision par ADSL estiment qu’elle représente la télévision du futur. Quel aspect vous paraît le plus novateur ?
Ce qui me paraît le plus fort, c’est l’émancipation du télespectateur, qui devient un télespect’acteur, un acteur de sa propre consommation. On ne pourra même plus véritablement parler de télévision, à l’avenir, le terme est trop restrictif et renvoie à une notion dépassée. On consommera des contenus multimédias au pluriel, en participant à leur création et leur mélange. Le télespect’acteur n’acceptera plus les contenus pré-établis et canalisés, et qu’il ne pourra pas stocker sur différents supports.
Ce nouveau mode de consommation implique des changements radicaux pour les opérateurs de télévision. Est-ce la fin des chaînes généralistes ?
Il me semble effectivement que les chaînes généralistes deviendront effectivement plutôt des multi-spécialistes. Surtout, elle devront entrer dans les 5 révolutions : des équipements, des supports, de l’accès, des contenus et des usages…
Peut-on vraiment estimer que la télévision par ADSL va se généraliser alors que les usages du triple ou quadruple play se plaignent souvent de la qualité des opérateurs ?
La télévision par ADSL se développe très rapidement. Elle ne représente 7% de foyers. Mais la moitié des gens qui sont connectés aujourd’hui ne l’étaient pas il y a un an. Actuellement, nous sommes en phase de diffusion et d’apprentissage par rapport aux différents usages de la multiplicité de fonctions. Mais les prestataires aussi sont en phase d’apprentissage ! Ce qui explique les soucis que certains usagers peuvent connaître
Une des contraintes dans la réussite ou la poursuite de cette généralisation implique qu’on prenne en compte des attentes, dont la fiabilité des systèmes. Avec la télévision hertzienne, on ne se demandait pas si allait marchait ou pas quand on appuyait sur le bouton !



















