Technologies et consommation: Cinq tendances que vous allez voir émerger en 2015

HIGH-TECH La société Trendwatching étudie les attentes des consommateurs du monde entier pour aider les entreprises à innover. Cinq tendances qui devraient marquer 2015…

Anaëlle Grondin

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L'application Breather permet à ses utilisateurs de louer un appartement vide le temps d'une heure ou deux pour se reposer ou travailler avec l'accord de son propriétaire
L'application Breather permet à ses utilisateurs de louer un appartement vide le temps d'une heure ou deux pour se reposer ou travailler avec l'accord de son propriétaire — Breather

Quoi de neuf après le paiement via mobile ou encore l’économie du partage? Alors que ces phénomènes commencent seulement à prendre de l’ampleur, de nouvelles tendances de consommation vont se dessiner dès l’an prochain. Trendwatching analyse depuis 2002 les changements de comportements et les nouvelles attentes des consommateurs. Rencontré à la conférence high-tech LeWeb , son directeur général Henry Mason décrypte pour 20 Minutes cinq phénomènes que vous allez voir émerger en 2015.

«L’internet de partage des objets»

Vous connaissez déjà l’Internet des objets («Internet of things») avec les objets connectés et l’économie du partage avec AirBnb ou BlaBlaCar («sharing economy»). En mixant les deux, Trendwatching obtient «the Internet of sharing things». Un exemple concret: l’application américaine Breather permet de chercher un endroit pour se reposer ou travailler à n’importe quel moment. Un autre utilisateur, en déplacement, peut accepter de lui louer sa maison pour une durée donnée en lui ouvrant la porte depuis son smartphone grâce à un système de verrou connecté. De la même manière, pendant que vous travaillez, quelqu’un pourrait se servir de votre four pour faire la cuisine. Tout le monde ne laisserait pas entrer un inconnu chez soi en son absence mais pour Henry Mason «il est de plus en plus facile de faire confiance à des étrangers grâce aux comptes vérifiés et à Facebook.» 

Le juste partage

Le paiement avec son smartphone est déjà une réalité dans certains pays comme les Etats-Unis (Starbucks traite 7 millions de paiements mobiles par semaine outre-Atlantique). Pour Henry Mason, l’étape d’après, c’est de permettre aux consommateurs de payer à plusieurs  via son téléphone, au restaurant par exemple. Il appelle ça le «juste partage». «Une récente étude indique que 45% des Américains et Britanniques appartenant à la génération Y [les 15-30 ans] aimeraient pouvoir utiliser leur mobile pour partager les frais avec leurs amis», indique Henry Mason. «Il faut que ce soit simple à faire», ajoute-t-il. Il cite l’exemple de Lyft Line, service de co-voiturage proposé par la société de chauffeur privé aux Etats-Unis.

La qualité instantanée

«C’est un peu cynique», prévient Henry Mason: les consommateurs veulent des applications et objets qui leur permettent d’exceller dans un domaine instantanément (la vidéo, la cuisine, le jardinage). «Les gens aiment Instagram parce qu’ils ont l’impression que cela fait d’eux des photographes sans avoir à apprendre à se servir d’un appareil photo», explique-t-il (en levant les yeux au ciel). Il justifie toutefois: «Cela facilite nos choix et nous permet de faire beaucoup de choses au quotidien.» Le projet Seedsheet est un très bon exemple: personne n’aura plus d’excuse si ses plantes meurent dans quelques années.

Les robots plus présents

Le week-end dernier, le robot Nao a débarqué chez Darty pour aider les vendeurs. «En 2015, les robots ne seront pas partout bien sûr. Mais je pense qu’on va commencer à se retrouver face à face avec eux alors que pour le moment ils sont beaucoup "en coulisses"», prédit Henry Mason. Ils ne vont pas remplacer les employés (une crainte partagée partout), mais «l’idée serait de permettre aux salariés d’une firme de se consacrer uniquement aux choses intéressantes en laissant les tâches barbantes aux robots».

Les marques vont (plus) prendre position

«Il y a tellement de marques aujourd’hui, les gens ont le choix. Les consommateurs attendent que les entreprises se positionnent sur certains sujets», affirme Henry Mason, en se basant sur une étude publiée cette année par MSLGroup.  Une enseigne de mode devrait par exemple s’engager contre le travail des enfants, selon lui. «On veut partager les valeurs d’une marque, pourvoir s’identifier à elle», poursuit-il. Il pointe l’initiative réussie de Glamour Pologne. En juillet, une communauté en ligne «I don't give hates» a été créée pour dénoncer les conséquences du cyber-harcèlement et du «trolling». Le magazine a offert une pleine page de publicité à cette plateforme et a invité son fondateur à écrire un éditorial sur la culture de la haine en ligne.