Apple et EMI applaudis d’une seule main

PB

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Parodie de la pub Apple par defectivebydesign.org, un collectif qui combat les DRM.
Parodie de la pub Apple par defectivebydesign.org, un collectif qui combat les DRM. — defectivebydesign.org
«2 avril 2007, le jour où les DRM moururent?» Digital Media Wire pose la question, au lendemain de l’annonce par EMI et Apple de l’abandon des verrous sur les fichiers musicaux de la major britannique vendus sur iTunes.

Coup de grâce ou pas, s’il y a une personne qui a sabré le champagne, c’est bien Cory Doctorow. «Hallelujah ! Je ne pourrais pas être plus heureux», s’écrie sur BoingBoing ce farouche adversaire des DRM – qui les a notamment combattus au sein de l’Electronic Frontier Fondation. Egalement côté anti-DRM, Gregory Heller, de DefectiveByDesign dit ironiquement avoir cru à un «poisson d’avril en retard» mais salue une «vraie avancée».

«Pourquoi j’avais tort sur Steve Jobs»

«C’est un jour important, se félicite pour sa part le Conseil norvégien de la consommation. Celui où deux grands acteurs de l’industrie musicale ont pris leurs responsabilités pour offrir le début d’une solution interopérable». En janvier dernier, ce Conseil a sommé Apple de régler de rendre les fichiers achetés sur iTunes lisibles partout avant octobre, sous peine de poursuites judiciaires.

Dans un édito «Pourquoi j’avais tort sur Steve Jobs» publié sur BBC News, le journaliste indépendant Bill Thompson fait son mea culpa. En février dernier, il avait émis de sérieux doutes sur la volonté du patron d’Apple de proposer des morceaux sans DRM. Mais pour de nombreux observateurs, comme Bobbie Johnson, du Guardian, les félicitations sont à adresser «d’abord à EMI», première major à oser dire adieu aux verrous.

«Pas suffisant»

Dans une tribune enlevée, Ryan Block, du blog Engadget, salue «une agréable surprise». Mais pour lui, cet accord n’est «pas suffisant». Car, rappelle-t-il, «il faudra payer 30% plus cher pour obtenir ce que les consommateurs sont en droit d’exiger: la liberté d’utilisation des morceaux achetés». Et encore, souligne Ratiatum, l’offre «n’est pas si intéropérable que cela», car le format AAC utilisé par Apple n’est pas supporté par nombre de baladeurs -même si sans DRM, on peut facilement convertir un AAC en MP3.

Les pro-DRM font eux profil bas. Pascal Nègre en voyage au Brésil, Universal France, contacté par 20minutes.fr, ne souhaite pas réagir. Quant à Hervé Rony, le patron du Snep (l’association interprofessionnelle qui défend les intérêts du disque en France), il souligne du bout des lèvres que «chaque maison décide comme elle l’entend».