«PES 2015» sur la voie de la rédemption

JEU VIDEO Après avoir fait l'impasse sur la nouvelle génération l'an dernier, le jeu revient avec de grosses ambitions...

Philippe Berry

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«Pro Evolution Soccer 2015» sortira à l'automne sur PS3/4 et Xbox 360/One et PC.
«Pro Evolution Soccer 2015» sortira à l'automne sur PS3/4 et Xbox 360/One et PC. — KONAMI

De la même manière que le Japon a perdu une décennie économique dans les années 90, «Pro Evolution Soccer» a abandonné une génération entière de consoles (PS3/Xbox 360) à «Fifa» entre 2007 et aujourd’hui. Pour sa première copie «next gen», Konami a confié son bébé à deux parents: le studio habituel de Tokyo, et celui de Londres. Le résultat est-il à la hauteur des attentes? Réponse manette en main, après un premier contact de trois matches sur une version encore loin d’être définitive, alors que le jeu sortira à l’automne.

 

Le gameplay: Une inertie plutôt bien dosée

On ne revient pas complètement aux sensations de «PES 5/6» mais l’inertie trouve le juste milieu entre la simulation et le réalisme. En clair, les joueurs sont moins lourds que lors de la version précédente. Avec Robben ou Ribéry, on se retourne rapidement, sans toutefois sortir des aérofreins imaginaires. Globalement, la construction est agréable, même si les une-deux marchent toujours un peu trop bien. Il faudra un peu de temps pour se faire au dribble en petit périmètre (avec le bouton R2). Marquer est toujours aussi jouissif car on improvise souvent plus qu’à «Fifa», qui sombre parfois dans des stratégies répétées à l’infini. Face à trois confrères d’un niveau comparable, les matches n’ont pas tourné à du baby-foot, se soldant par une défaite 1-0, un nul 1-1 et une victoire 2-1.

L'intelligence artificielle: Du mieux du côté des coéquipiers

La bonne surprise se situe au niveau des appels de balle des attaquants. Sur un débordement, un renard des surfaces comme Tevez prend l’espace et se positionne comme il faut pour recevoir un ballon en profondeur. Du côté du gardien, il est encore un peu tôt pour se prononcer: un gros bug rencontré (un gardien immobile pendant quelques secondes) sera sans doute corrigé, mais les sorties aériennes plutôt hasardeuses inspirent autant confiance que celles d’Akinfeev à la Coupe du monde. La faute à des laser, sans doute.

Les graphismes: Un lifting honnête

De près, certains visages sont plus vrais que nature, surtout lors d’un replay. La crête de Pogba est là, le crâne dégarni de Robben aussi, et Vidal a une bonne gueule de narcotrafiquant. En vue éloignée, le Fox Engine ne s’exprime pas à 100 %. Le jeu est enfin fluide, sans ralentissement intempestif. Mais pour l’instant, «PES» reste un cran en dessous de «Fifa». Si aucun n’approche le photo réalisme, le titre d’Electronic Arts offre un rendu un peu plus organique, au niveau des ombres, surtout, et du terrain, qui s’abîme en cours de match.

Le verdict: Un optimisme mesuré

Trois matchs sur une version non définitive, c’est trop léger pour un verdict tranché. Globalement, les premières impressions sont encourageantes. Les animations sont bonnes, la physique du ballon aussi. Il ne faut pas trop rêver du côté des licences: Konami ne peut les grappiller qu’au compte-gouttes à cause des contrats. Mais qu’importe, on a envie d’en voir plus et de se relancer dans une league master. «Fifa» a peut-être retrouvé un peu de concurrence.