De la prison pour deux pirates néerlandais

Philippe Berry

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Quatre-vingt-un pour cent des logiciels utilisés actuellement en Afrique proviennent de piratages, ce qui coûte des milliards de dollars à l'industrie et aux gouvernements, tout en freinant la croissance, ont conclu des experts à Nairobi.
Quatre-vingt-un pour cent des logiciels utilisés actuellement en Afrique proviennent de piratages, ce qui coûte des milliards de dollars à l'industrie et aux gouvernements, tout en freinant la croissance, ont conclu des experts à Nairobi. — Joël Saget AFP

Attrapés et condamnés. Mardi, deux cybercriminels néerlandais ont écopé respectivement de deux ans et 18 mois de prison. Une partie de la peine est probatoire, et les deux pirates ayant déjà passé du temps en prison depuis leur arrestation en octobre 2005, ils seront désormais en liberté surveillée.
 
Agés de 20 et 29 ans, les deux hackers ont utilisé un «botnet», un réseau de PC zombies détournés à l'insu de leurs propriétaires grâce à un cheval de Troie (1) créé par le plus jeune. D’après la justice, plusieurs millions d’ordinateurs avaient été infectés par Toxbot.
 
Les deux pirates s’en sont servi pour voler de nombreux numéros de cartes bancaires et des comptes eBay et PayPal. Ils auraient également fait chanter plusieurs compagnies en les menaçant de s’en prendre à leur site Internet. Tout ça pour s’acheter des jeux Playsation et du matériel high-tech, selon l’accusation, qui s’est dit «déçue» du verdict. Car d’après elle, il ne s’agit pas d’adolescents inoffensifs, mais bien d’une affaire de «crime organisé».

(1) Un cheval de Troie (trojan en anglais) est un petit logiciel malveillant destiné à ouvrir une porte dérobée sur l'ordinateur infecté. Il permet notamment  à un pirate de prendre le contrôle de la machine à distance.