Accessoires connectés, «phablettes», cours en ligne… Les principales tendances high-tech 2014

Anaëlle Grondin

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Un smartphone Apple et une «phablette» Huawei.
Un smartphone Apple et une «phablette» Huawei. — DAVID BECKER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Les lunettes et montres connectées ont-elles un avenir? Le public va-t-il abandonner la «phablette»? Les cours en ligne vont-ils bouleverser l’enseignement traditionnel? Sur la base d’entretiens menés auprès de clients, d’analystes, d’experts et de dirigeants de leaders mondiaux du secteur des technologies, des médias et des télécommunications (TMT), Deloitte a réalisé une étude sur les grandes tendances à venir cette année. Ses principales prédictions:

Les accessoires connectés. Le marché devrait décoller mais enregistrer des ventes encore modestes. En 2014, 10 millions d’accessoires connectés devraient s’écouler et générer près de 3 milliards de dollars de chiffre d’affaires. En vedette, les lunettes connectées, qui devraient se vendre à quatre millions d’unités, et les montres intelligentes, qui devraient s’écouler à 2 millions d’exemplaires. Ces dernières intéresseront uniquement les technophiles et seront rapidement dépassées par les lunettes connectées, prédit Deloitte. «Les lunettes intelligentes ont un écran basse résolution, ne fonctionnent que si vous possédez un smartphone, coûtent environ 500 dollars et peuvent ne pas être en conformité avec la loi», commente Duncan Stewart, directeur du centre de recherches international TMT de Deloitte, pour expliquer ces chiffres plutôt bas.

Les «phablettes».  «Beaucoup de personnes n’aiment pas les phablettes. Vous avez l’air idiot au téléphone, ça n’entre pas dans la poche et on ne peut pas taper des SMS d’une seule main», lance Duncan Stewart. Et pourtant, ces appareils mi-smartphone mi-tablette, dont l’écran est compris entre 5et 6,9 pouces, se vendront à 300 millions d’unités et représenteront un quart des ventes de smartphones en 2014. C’est dix fois plus qu’il y a deux ans. Les recettes générées par les phablettes devraient alors se chiffrer à 125 milliards de dollars, avec un prix moyen de vente de 415 dollars. Les phablettes ont donc de beaux jours devant elles, mais cet élan devrait finir par retomber et se tasser d’ici l’année prochaine.

Les autres équipements électroniques. Les smartphones, tablettes, PC, téléviseurs et consoles de jeu devraient enregistrer des ventes dépassant les 750 milliards de dollars en 2014. C’est 50 milliards de plus qu’en 2013. En revanche, cette croissance devrait se tasser également. Les ventes de smartphones ne faiblissent pas mais elles tournent au ralenti. «On n’achète pas un nouveau mobile tous les ans, mais tous les deux ans», explique Duncan Stewart. Selon lui, après une décennie de «hardware» (matériel informatique), on entre dans une décennie de «softwares» (logiciels), de services et de contenus (applications, jeux, vidéos).

Les usages des plus de 55 ans. 22% des 55 – 64 ans et 29% des 65 ans et plus n’ont jamais téléchargé ne serait-ce qu’une application mobile dans les pays développés. Et un quart des plus de 55 ans environ ne téléchargera aucune application en 2014 alors que 45 à 50% d’entre eux seront équipés de smartphone. Ils utilisent principalement leur mobile pour téléphoner. Pour Duncan Stewart, ils devront faire évoluer leurs usages vers la data.

Les e-consultations en médecine. Quasiment inexistantes en France, Deloitte prédit qu’il y aura dans le monde 100 millions de consultations virtuelles en 2014. Ce nouveau type de consultation affichera alors une progression de +400% par rapport à 2012. Outre-Atlantique, le phénomène a déjà pris: Duncan Stewart a recensé 75 millions de consultations virtuelles en Amérique du Nord. Le phénomène devrait toutefois rester encore très américain dans un premier temps.

Les cours en ligne. Les Moocs (cours massifs ouverts en ligne) ont le vent en poupe mais le meilleur reste à venir. Si Deloitte prévoit une hausse de 100% des inscriptions à des cours en ligne comparé à 2012 (avec 10 millions de cours en ligne), le cabinet a remarqué que peu d’inscrits allaient jusqu’au bout et validaient ces cours, qui ne représenteront ainsi que 0,2% des cycles complets d’études en 2014. Deloitte pense toutefois que ces cours en ligne peuvent représenter jusqu’à 10% des cours dispensés dès 2020 à condition de réinventer leur pédagogie. «Ils ne viendront pas concurrencer Sciences Po ou HEC», nuance Duncan Stewart. Ils concerneront majoritairement ceux qui n’ont pas accès à l’enseignement traditionnel pour des raisons financières ou géographiques, et les formations en entreprise.