«DayZ», un million d’achats pour un jeu de survie et de zombies encore inachevé

Joël Métreau

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 Le jeu vidéo de survie au milieu des zombies, «DayZ», développé par Bohemia Interactive.
 Le jeu vidéo de survie au milieu des zombies, «DayZ», développé par Bohemia Interactive. — Bohemia Interactive

Joli succès pour «DayZ», Z comme zombies. Le jeu a été mis en vente le 16 décembre dernier sur la platforme Steam pour 23,99 €, et il s’est déjà vendu à un million d’exemplaires.  Dans un tweet posté, ce 14 janvier, son jeune développeur néo-zéalandais, Dean Hall, âgé de 32 ans, s’en est félicité.

«Hé bien. Un million vendu en quatre semaines. Tant pis pour la mort du jeu sur PC», ironisait-il. Un million, une belle performance pour un jeu inachevé, puisqu’il s’agit d’une version «alpha», une version «bêta» étant prévue avant la fin de l’année 2014. Sur la plateforme d’achat en ligne Steam, les joueurs ont pourtant été prévenus par le message suivant: «Merci d’acheter ce jeu uniquement si vous souhaitez participer activement au développement du jeu et êtes prêt à subir des problèmes pouvant entraîner un mauvais fonctionnement et des interruptions dans le jeu », est-il précisé sur la plate-forme d’achat en ligne. «Si de temps en temps, un zombie parvient à vous frapper à travers un mur et que vous finissez par renverser votre bureau, cette version alpha n’est pas pour vous», prévenait aussi un joueur sur le forum du jeu. Des mises en gardes qui n’ont pas entâché l’intérêt des joueurs à soutenir ce projet encore en développement, et à y jouer, malgré les bugs.

 Pour Dean Hall, qui cite aussi l’exemple de «Rust», un autre jeu de survie vendu en version alpha, c’est un pied de nez fait au «modèle traditionnel de l’édition » dans le jeu vidéo. Interrogé par le site spécialisé Polygon, il affirme: «Le modèle indé n’est plus restreint aux petits projets pour des jeux de niche. C’est désormais un business sérieux et important», citant aussi l’exemple de Kickstarter. Sur la plate-forme de financement participatif, le jeu vidéo occupe la première place du podium: près de 180 millions de dollars (131 millions d’euros) ont déjà été investis par des particuliers dans des projets de jeux.

Une espérance de vie d'à peine plus d'une heure

Dans «DayZ», jeu de tir multijoueur à la première personne, il s’agit de survivre au milieu des zombies. D’autres joueurs sur le même serveur incarnent des survivants. A soi de choisir si on veut s’en faire des alliés ou les dépouiller de leurs provisions et munitions. Réaliste, «DayZ» ne propose ni quêtes ni missions à accomplir. Il faut manger et se nourrir régulièrement, sous peine de mourir. Définitivement. L’espérance de vie est en moyenne d’une heure et neuf minutes, précise le site officiel du jeu. Un jeu «dont la nature est brutale et qui ne pardonne pas», un jeu qui «ne s’adresse pas à tous», expliquait une note de blog, presque surprise de l’audience et du soutien grandissant pour «DayZ».

L’histoire de ce jeu est assez particulière, puisque c’est un «mod» du jeu «ARMA 2». Soit une modification du jeu vidéo original, du studio tchèque Bohemia Interactive, qui était… une simulation militaire.