L'avenir de BlackBerry s'assombrit après l'annulation de son rachat

HIGH-TECH L'action plonge de plus de 15%, et un démantèlement semble désormais être l'issue la plus probable...

avec AFP

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Face à son aîné, le tout-tactile Z10, le Blackberry Q10 revient aux fondamentaux de la marque avec un clavier physique.
Face à son aîné, le tout-tactile Z10, le Blackberry Q10 revient aux fondamentaux de la marque avec un clavier physique. — CHRISTOPHE SEFRIN/20 MINUTES

Un coup de théâtre, un départ et un gros point d'interrogation. En grandes difficultés, BlackBerry a finalement annoncé lundi qu'il renonçait à se vendre à son premier actionnaire, le financier Fairfax, qui renforce toutefois sa position dans une entreprise à l'avenir toujours aussi incertain.

Derrière cette annonce, investisseurs et analystes ont vu le renoncement de Fairfax à acquérir l'entreprise pour 4,7 milliards de dollars dans le cadre de l'offre qui venait à échéance lundi.

Les marchés ont aussi vu ce revirement comme un risque supplémentaire de disparition pour BlackBerry. L'action a plongé de près de 20% en tombant à son plus bas historique de 6,40 dollars et évoluait en milieu d'après-midi vers les -15%.

«Cela pourrait bien être les derniers jours de BlackBerry», a estimé Anthony Michael Sabino, de l'université St John. Pour l'analyste indépendant Jeff Kagan, «BlackBerry procède à de grands changements mais ce ne sont pas ceux que le marché attendait».

40% des employés déjà licenciés

Concrètement, BlackBerry compte rester indépendant en procédant à une augmentation de capital réservée d'un milliard de dollars sous forme d'un emprunt convertible en actions. Fairfax, qui détenait déjà 10% des actions de BlackBerry, a réuni un groupe d'investisseurs institutionnels, qu'il n'a pas nommés, pour souscrire à cette augmentation de capital, en prenant lui-même 250 millions de dollars à sa charge.

Pour Michael Sabino, cette injection de capitaux ressemble à «un cataplasme sur une jambe de bois». Cela ne fait que retarder l'inéluctable, soit le démembrement de BlackBerry et la vente à la pièce de ses activités, estime-t-il. En clair, Prem Watsa, le PDG de Fairfax, prudent, a préféré «ne pas mettre toutes ses billes» dans BlackBerry.

BlackBerry est au bord du gouffre en raison de ses échecs commerciaux. Le fabricant de smartphones a subi une perte de près d'un milliard de dollars sur le deuxième trimestre et annoncé le licenciement de 4.500 personnes, soit 40% de sa force de travail.

Le PDG out

Ce revirement dans la stratégie pour le sauvetage du groupe est accompagné par un changement au niveau de l'équipe dirigeante avec le remplacement du directeur général Thorsten Heins par John Chen nommé pour assurer l'interim en attendant «la recherche d'un nouveau président et directeur général», a indiqué BlackBerry. Le patron de Fairfax, Prem Watsa, a été nommé patron du comité de surveillance.

Pour Michael Walkey, analyste de Cannaccord Genuity, «cette injection potentielle de 1,25 milliard de dollars en capital ne vise qu'à donner du temps à la nouvelle équipe de direction pour trouver d'autres acheteurs potentiels», ce que la précédente équipe a bien tenté mais en vain depuis un an. «Nous croyons que la société va vraisemblablement finir par être vendue en pièces détachées plutôt qu'en entier à un seul acheteur».