Deutsche Telekom veut bâtir un Internet allemand protégé de la NSA

WEB Dans la pratique, un tel projet n'est sans doute ni réalisable, ni souhaitable...

P.B.
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Des racks de serveurs d'un «data center»
Des racks de serveurs d'un «data center» — S.LINDHOLM/AP/SIPA

Prêt pour la balkanisation de l'Internet? En réaction au programme de surveillance globale de la NSA, Deutsche Telekom aimerait bien créer un réseau régional qui serait à l'abri des grandes oreilles de l'agence américaine, selon des informations de Reuters. Mais l'opérateur, dont l'Etat allemand reste actionnaire à hauteur de 32%, n'a sans doute pas les capacités techniques pour réaliser ce projet.

A l'heure actuelle, à l'exception de pays comme l'Iran ou la Syrie, où le réseau est ultra-centralisé avec des points d'accès sous contrôle, le trafic Internet ne connaît pas de frontière. Selon Reuters, le modèle sur lequel planche Deutsche Telekom ne fonctionnerait pas pour des sites dont les serveurs sont à l'étranger. Lorsque deux Allemands échangent un courrier par Gmail, il circule par des datas centers situés en Finlande, Belgique ou Irlande.

Vers une remise à plat des lois sur la vie privée

Si Deutsche Telekom voulait contrôler à 100% les tuyaux, il faudra qu'une loi force tous les acteurs Web à utiliser des serveurs allemands, ce qui semble assez improbable. Sans compter le fait que l'entreprise devrait convaincre tous les autres fournisseurs d'accès de rejoindre son initiative car le modèle d'Internet est basé sur un principe d'échange de trafic.

Si un réseau régional semble assez improbable, les leaders européens disposent d'alternatives. La France et l'Allemagne poussent notamment pour faire voter des lois plus dures sur la vie privée, qui protégeraient davantage les citoyens européens.