La techno prend bébé au berceau

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 Bébé fait à peine ses premiers pas qu’il devrait déjà devenir un pro du multimédia... Les fabricants de jouets investissent le monde de l’électronique et ciblent les enfants de plus en plus jeunes : ainsi, la V.Smile Baby (V-Tech, 60 euros) s’adresse aux bébés dès 1an, tout comme le clavier Comfy (50 euros) ou le sur-clavier de Berchet Media (50 euros). Le choix est encore plus large pour les enfants dès leur entrée en maternelle, avec laV.Smile,dans sa version portable ou télé, la Leapster (Leapfrog) également en deux versions et les nombreux plug&play à brancher sur la télévision (console TV Oui-Oui de Lexibook, Gogo TV de Smoby Interactive...). Tout une panoplie de bébé techno pour quelques dizaines à une centaine d’euros. Ces machines ludo-éducatives restent avant tout des jouets.Même si, en les manipulant, le jeune enfant découvre les raisonnements de cause à effet, s’initie au maniement d’objets virtuels… « Les fabricants répondent aux attentes des parents, soucieux d’avoir des enfants au top de la technologie, champions des compétences cognitives,souligne Michael Stora*, psychanalyste, mais aussi à celles des enfants qui veulent maîtriser ces “jouets des grands” que sont la télévision ou l’ordinateur qui semblent tant captiver les
parents. » Mais attention, l’ordinateur ou la console ne sont pas des baby-sitters digitales. Hors de question de déposer l’enfant devant la machine et de le laisser
se débrouiller. « Ces machines n’ont de sens que par
le plaisir de cette utilisation partagée avec un des parents. » Il faut aussi savoir doser avec sobriété les loisirs numériques.Pour ne pas formater un techno-addict junior, mieux vaut limiter les plages interactives à quelques dizaines de minutes par jour…

N.Bloch-Sitbon

*Auteur deGuérir par le virtuel (Presses de laRenaissance,2005) et co-organisateur du colloque Pour ne plus avoir peur des jeux vidéo (Paris, 2002).