L'impression 3D enfin accessible au grand public en France

INNOVATION L'imprimante 3D pousse enfin les portes de l’univers grand public...

Christophe Séfrin

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En quelques minutes ou quelques heures, l'impression 3D permet de façonner des objets d'une taille maximale de 15 x 15 cm.
En quelques minutes ou quelques heures, l'impression 3D permet de façonner des objets d'une taille maximale de 15 x 15 cm. — CHRISTOPHE SEFRIN/20 MINUTES

De 9,90 euros à 29,90 euros. Il ne vous en coûtera désormais pas plus pour façonner un objet grâce à une imprimante 3D. Jusqu’alors réservée au monde professionnel, l’impression tridimensionnelle pousse enfin les portes de l’univers grand public. L’équipementier de bureaux Top Office la propose désormais dans deux de ses enseignes (Tours et Villeneuve d’Asq). Une première. Trois autres sites suivront d’ici l’été, en attendant la commande d’objets 3D sur Internet d’ici fin 2013.

De 20 minutes à 20 heures de fabrication

L’impression 3D, ce n’est à priori pas compliqué. Un fil de plastique chauffé à 230° est véhiculé dans une tête d’impression montée sur deux axes. A force de déplacements, celle-ci façonne sur un plateau montant et descendant un objet en 3D d’après un fichier informatique. Problème : l’impression 3D pour tous est encore limitée par la taille des objets qu’elle permet de créer (maximum 15 x 15 cm). Et le temps de réalisation varie selon leur complexité: de 20 minutes à… 20 heures !

Néanmoins, on peut d’ores et déjà se fabriquer des petits objets uniques, voire créer des objets 3D en petites séries, comme des coques pour smartphones ou des bijoux fantaisie. Reste à les concevoir. Pour cela, il est nécessaire d’utiliser un logiciel dédié, comme SketchUp, ou d’aller puiser dans la base de contenus 3D Thingiverse.  «Un client qui va se lancer aujourd’hui sera forcément un peu geek et pointu», confesse Raphaël Vanneste, directeur général de Top Office. Reste une technologie qui évolue vite, très vite. Selon Louis Montagne, président de la start-up CKAB spécialisé dans l’impression 3D, «grâce à elle, les enfants pourront à terme façonner leurs propres blocs de Lego».

Fin de l’obsolescence programmée

Avec l’impression 3D s’ouvre le champ des possibles pour réinventer des objets disparus. Ainsi, selon Louis Montagne, un vieux -vaisselle condamné par une pièce défaillante ne finira pas forcément à la déchetterie tout de suite : «la petite pièce de plastique introuvable en SAV pourra être imprimée en 3D». Selon le patron de CKAB «l’impression 3D peut désormais participer à la création d’ateliers de conception locaux, avec un modèle Internet».