J'ai testé la VOD... dans la douleur

©2006 20 minutes

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Ne brûlez pas tout de suite votre carte de vidéoclub. Amazon et Apple viennent de lancer aux Etats-Unis leurs services de vidéo sur le Net, mais l'expérience tient surtout du parcours du combattant.

Facilité d'installation Dès le début, c'est Apple qui prend l'avantage sur Amazon. Son service est en fait une extension d'iTunes, inventé au départ pour la musique, disponible pour Mac comme pour PC. Amazon, lui, exige le téléchargement d'un logiciel propriétaire (la Unbox), processus long et pénible, pour PC uniquement.

Design L'interface d'iTunes a été modifiée pour l'arrivée de la vidéo, mais elle reste simple, intuitive et plus séduisante que le bric-à-brac d'Amazon.

Expérience d'achat La tentative de téléchargement d'Eyes Wide Shut (14,99 $) sur Amazon s'est soldée par un abandon, après des heures d'énervement et d'innombrables e-mails au service clientèle (le même film commandé sur un site concurrent, Movielink, a été téléchargé en à peine plus d'une heure). Un autre essai avec le premier épisode de la dernière série à la mode, « Studio 60 », a fonctionné parfaitement. Sur iTunes, La Petite Sirène (12,99 $) a été téléchargée en deux heures, sans difficulté. En revanche, un court épisode d'Alfred Hitchcock présente, à 1,99 $ – même prix pour toutes les séries télé –, a déclenché l'ire de mon firewall, problème résolu plutôt rapidement.

Qualité Elle est loin d'atteindre la « qualité DVD » promise par les deux services. Honnête sur l'écran de l'ordinateur, l'image n'est pas à la hauteur sur télévision. Et encore faut-il, alors, disposer d'une sortie vidéo sur son ordinateur et le transporter à côté de la télé du salon. Pas question de graver un DVD : les films ne peuvent être diffusés que sur l'ordinateur pour lequel ils ont été achetés ou loués.

Emmanuel Saint-Martin

Amazon a l'avantage sur iTunes. Grâce à des accords avec des grands studios, il offre des centaines de titres contre quelques dizaines pour Apple, qui doit se contenter de Disney. Mais Amazon reste bridé par le souci des producteurs de protéger leurs sources de revenus traditionnelles. Ce qui l'oblige à inclure dans ses conditions d'achat la grotesque interdiction de « regarder le film téléchargé dans les chambres d'hôtel, d'hôpital, les bars, restaurants, prisons... »