Microsoft/Apple : les meilleurs ennemis…

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 Ce sont les Horace et Curiace de la programmation, les O’Timmins et les O’Hara de l’ordinateur. « Microsoft et Bill Gates d’un côté, Apple et Steve Jobs de l’autre, sont au coeur de toute l’histoire de l’informatique, avec des visions radicalement différentes », note Ranjit Atwal, analyste chez Gartner. Un film, Pirates of Silicon Valley, retrace même ce duel aux octets. On y voit un Bill Gates « geek » à souhait (au patin à glace commeavec les filles, il excelle dans le triple gadin), tourné vers les grandes entreprises. Et un Steve Jobs, brutal et génial, passablement déchiré aux acides, en quête de la machine qui changerait son époque et la vie. Ces dernières années, les entreprises se laissent pourtant aller à des flirts de raison. Au sein de Microsoft existe une Mac Business Unit qui conçoit logiciels et accessoires spécialement dédiés aux machines bien pommées. De son côté, Apple tolère Windows sur ses machines, grâce à la transition sur les processeurs Intel, et au logiciel Boot Camp. Un choix qui attire davantage de switchers (anciens usagers du PC). Logique: le systèmeMACOS touche environ 5%du marché, contre 90% pour Windows. « Apple a compris qu’il ne pouvait pas aller à contre-courant, et devait créer des passerelles avec le monde du PC pour gagner des parts de marché », souligne Ranjit Atwal. « C’est une bonne nouvelle pour l’utilisateur et cela va dans le sens de l’histoire», estime pour sa part Frédéric Favre, directeur de la stratégie grand public de Microsoft France. Reste que si la bataille du système informatique s’est apaisée, les enjeux se sont déplacés. Dans la musique, la vidéo, les services en ligne…Microsoft a annoncé un concurrent de l’iPod, le Zune. « Sur ce marché, Apple est leader et nous sommes des challengers », note Frédéric Favre.Apple, lui, a annoncé l’arrivée du PDG de Google dans son conseil d’administration. Google que l’on oppose justement aujourd’hui à Microsoft dans les services en ligne. Pour rester le meilleur ennemi, Apple a trouvé l’allié parfait. 

Anne Kerloc’h