CES 2013: Les téléviseurs Oled 4K proposent l'image ultime

ELECTRONIQUE Sony et Panasonic croisent le fer avec des prototypes qu'on voudrait voir débarquer dans notre salon immédiatement...

Philippe Berry

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Un prototype de téléviseur OLED 4K présenté par Sony au CES 2013 de Las Vegas.
Un prototype de téléviseur OLED 4K présenté par Sony au CES 2013 de Las Vegas. — P.BERRY/20MINUTES

De notre envoyé spécial à Las Vegas

C'est la guerre de l'image ultime entre Sony et Panasonic. Au CES de Las Vegas, les deux entreprises ont présenté les premiers prototypes 56 pouces de téléviseurs Oled 4K, qui semblent bien partis pour devenir la référence absolue.

Pour ceux qui ont raté le premier épisode, un rappel: l'Oled, qu'on trouve déjà dans certains smartphones, ce sont des diodes électroluminescentes qui ne nécessitent pas de rétroéclairage et permettent donc d'obtenir des téléviseurs ultra-fins, avec des couleurs et des contrastes inégalés; la 4K, ou ultra haute-définition, double le nombre de pixels en hauteur et en largeur (3840x1920), pour une image d'un réalisme impressionnant. Quand on combine les deux, on obtient un orgasme rétinien.

La 3D enterrée

Sony a dégainé le premier avec un prototype montrant une vidéo spécialement filmée en 4K (et en 60 images/seconde) du Carnaval de Rio. Parce que les couleurs, les contrastes et la netteté atteignent un niveau jamais vu, on perçoit un effet de profondeur bien plus naturel que le tour de passe passe des télés 3D. On reste scotchés devant l'écran, prêts à entamer un pas de samba.

Panasonic a misé sur une explosion de couleurs automnales et de lumières. Les noirs sont tellement noirs qu'on ne fait presque plus la différence avec le cadre du téléviseur. Les grains de poussière, les pores de la peau, les feuilles de arbres... Chaque détail se perçoit avec précision sans cet effet «soap opera» de certains filtres modernes.

Au final, l'impression est comparable à celle d'un myope qui enfile ses premières lunettes et redécouvre le monde dans toute sa splendeur. Le problème, c'est qu'aucune photo ni vidéo ne peut faire justice à la technologie. C'est un peu comme essayer d'expliquer la beauté d'un feu d'artifice à un daltonien.

Pas de date, ni de prix

La vérité, c'est qu'on aurait bien aimé distraire la sécurité du CES pour repartir avec ces téléviseurs dans le sac à dos. Malheureusement, ni Sony ni Panasonic ne veulent spéculer sur les prix, ni même une date de disponibilité. Dans l'immédiat, les constructeurs proposent soit des télés Oled (à partir de 8.000 euros chez LG pour le 55 pouces) soit des 4K LCD/LED (à partir de 5.000 euros pour le 55 pouces chez Sony).

Combiner les deux est un challenge industriel qui nécessite l'emploi d'une méthode proche de l'impression. La bonne nouvelle, c'est que d'ici à ce que l'industrie y parvienne à grande échelle, on devrait avoir davantage de contenus filmés en 4K -limités aujourd'hui à une centaine de films récents et à quelques caméscopes de luxe. Les fabricants peuvent, certes, améliorer artificiellement les images actuelles 1080p par des algorithmes «inventant» de nouveaux pixels, mais la qualité est loin de la 4K native.

Pour l'instant, les fabricants nous vendent du rêve. A la différence du push pour la 3D, on espère toutefois que celui-ci deviendra bien une réalité.

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