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Les voitures autonomes prêtes pour le grand public d'ici 5 ans, estime Google

Les voitures autonomes prêtes pour le grand public d'ici 5 ans, estime Google

AUTOMOBILEMardi, le gouverneur de Californie, Jerry Brown, a signé un texte de loi encadrant les tests sur les routes...
Philippe Berry

Philippe Berry

De notre correspondant à Los Angeles

«La science-fiction d'aujourd'hui va devenir la réalité de demain», s'est félicité le gouverneur de Californie en signant une loi donnant le feu vert à la circulation des voitures autonomes. Jerry Brown s'est fait conduire par une Google car au siège de l'entreprise, mardi, pour parafer le texte. Il s'agit du 2e Etat américain à prendre une telle initiative, après le Nevada.

Jusqu'ici, en Californie, les voitures sans pilote se trouvaient dans une zone grise, ni vraiment interdites, ni vraiment autorisées. La loi exige qu'un conducteur se trouve derrière le volant pour reprendre le contrôle en cas de problème et que les véhicules passent des tests avant de prendre la route.

Sans les mains!

De fait, la Google car est déjà une réalité. Une flotte de Prius et de Lexus modifiées ont cumulé près de 500.000 km sur les routes californiennes, dont 120.000 km en mode complètement autonome. Le seul accident mineur s'est produit lorsqu'un humain se trouvait au volant.

Les véhicules utilisent une combinaison de caméras et de radars modélisant l'environnement, et un système embarqué d'autopilote analyse toutes les données. Voiture qui grille une priorité, piéton (ou même une biche de nuit) qui traverse au dernier moment... La machine réagit toujours plus vite que l'humain. Et elle ne boit pas, ne fume pas et n'envoie pas de SMS. Le but de Thrun, c'est d'aider, un jour, à diminuer le nombre de tués sur les routes (un million par an dans le monde). Sans compter que des véhicules autonomes fluidifieraient le trafic.

Un casse-tête juridique

Selon le cofondateur de Google, Sergey Brin, le plus grand de challenge est «l'inattendu». «Que se passe-t-il si l'ordinateur crash ou si un pneu explose? On passe un temps fou à tester toutes les possibilités. Mais je suis optimiste, nous réglerons ces problèmes», a-t-il expliqué.

Il s'est montré très prudent sur le calendrier prévisionnel. Selon lui, des employés de Google vont plus largement tester le véhicule dans l'année à venir. Il estime que le grand public devrait y avoir accès d'ici cinq ans, et que la technologie se démocratisera ensuite. Bob Lutz, un ancien vice-président de General Motors, pense que d'ici 20 ans, toutes les voitures vendues seront autonomes. Audi, Volvo, Toyota... Tous les constructeurs y travaillent.

Certains souhaitent cependant donner un coup de frein. L'alliance des constructeurs automobiles californiens relève que le cadre juridique sur la responsabilité en cas d'accident n'existe pas encore –le code de la route doit être adapté d'ici 2015. Que se passera-t-il lorsque une Google car tuera son premier piéton? Le conducteur/passager sera-t-il responsable? Le constructeur? Google?

«S'il n'y a plus de conducteur, il ne peut plus être responsable. Il est admis qu'il y aura un transfert de la responsabilité vers les constructeurs», explique le juriste Bryant Walker à Popular Science. L'assureur Bellevue a mené une étude et conclu que la voiture de Google était «extraordinairement sûre». Reste à voir si les conducteurs seront psychologiquement prêts à abandonner le contrôle.

Vous feriez-vous conduire par une voiture autonome s'il est prouvé que la technologie est 10, 100 ou 1.000 fois plus sûre qu'un humain?

La Google car en trois vidéos:

La présentation du directeur du programme, Sebastian Thrun, lors de la conférence Ted 2011:

Sur un parking entre des plots:

Le premier «civil», un homme aveugle, conduit en 2012: