« L’accueil de grands événements Esportifs fait partie de la stratégie nationale » pour la ministre Marina Ferrari
interview•Jusqu’au 23 août, Paris accueille l’Esports World Cup, l’équivalent des Jeux olympiques des clubs dédiés au jeu vidéo compétitif. La Ministre des Sports, Marina Ferrari revient sur l’organisation de cette compétition en FranceTom Comminge
L'essentiel
- Paris accueille l’Esports World Cup du 6 juillet au 23 août à la Porte de Versailles, avec plus de 2.000 joueurs de plus de 100 pays qui s’affronteront sur 24 jeux pendant sept semaines de compétition.
- Marina Ferrari, Ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, considère cet événement comme « une reconnaissance de tout ce que nous savons faire en matière de gestion de grands événements Esportifs internationaux » et comme un héritage des Jeux olympiques de Paris 2024.
- La Coupe du monde d’Esport s’inscrit dans la stratégie nationale de l’Esport 2026-2030, qui vise à promouvoir une pratique responsable auprès des jeunes avec des mesures de prévention contre l’addiction et le respect des restrictions d’âge sur les jeux.
Le plus grand événement Esport de l’année en France est officiellement lancé. Jusqu’au 23 août prochain, Paris accueille l’Esports World Cup, l’équivalent des Jeux olympiques du jeu vidéo compétitif pour les clubs. Plus de 2000 joueurs venus de plus de 100 pays s’affronteront sur 24 jeux compétitifs et viendront s’installer à Porte de Versailles pour sept semaines de compétitions intenses. Depuis sa première édition en 2024, la Coupe du monde d’Esport était organisée à Riyad, en Arabie saoudite.
La France est donc le deuxième pays à ouvrir ses portes pour cet événement. Marina Ferrari, Ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, revient sur l’organisation de cette compétition en France. Entre fierté d’accueillir un tel événement et volonté de faire évoluer l’Esport sur le territoire, la Ministre voit l’Esports World Cup comme un levier intéressant pour toucher les Français.
Que représente l’Esports World Cup pour la France ?
C’est une fierté pour la France de pouvoir accueillir cette Esports World Cup. Une Coupe du monde, forcément, elle a vocation à bouger dans le monde, comme les autres compétitions mondiales qui existent. Ce tournoi en France, c’est une reconnaissance de tout ce que nous savons faire en matière de gestion de grands événements Esportifs internationaux.
C’est aussi l’héritage de « Paris 2024 » qui nous permet d’être au meilleur standard international. Et puis, en France, nous avons un écosystème Esport qui est important. Aujourd’hui, nous avons des éditeurs de jeux qui sont célèbres dans le monde entier. Nous avons également des équipes nationales comme Gentle Mates, Karmine Corp et Team Vitality qui sont réputées dans le monde entier et qui nous ramènent des trophées d’un peu partout.
Emmanuel Macron a toujours montré son intérêt pour l’Esport, même depuis 2017. Accepter d’organiser cet événement était une évidence pour vous ?
Oui pour nous, c’était une évidence. On s’est mis très vite en mouvement pour accompagner l’Esport Foundation, l’organisation derrière la compétition. Le Président de la République a compris les segments qui seraient très porteurs pour l’avenir. On a une industrie numérique qui se développe partout sur le territoire. L’Esport, bien évidemment, a toute sa place dedans. Et puis, il y a aussi la puissance du sport, à la fois en matière de cohésion sociale, de santé publique, mais aussi, bien évidemment, de développement économique. Le jeu vidéo compétitif est également concerné par ça.
En 2024, de nombreux Français ont eu l’effet Jeux olympiques qui leur a donné envie de faire du sport. Est-ce que vous attendez un peu cet effet-là aussi avec l’Esport World Cup à Paris ?
Absolument. Et sur deux volets. D’abord, peut-être faire connaître la culture Esport, parce qu’on entend beaucoup de choses aussi. Le but est d’enlever peut-être certains préjugés. Mais aussi passer les bons messages de prévention. A travers la Coupe du monde d’Esport, on va travailler sur ces deux tableaux.
Comment aujourd’hui, on accompagne une pratique responsable de nos jeunes, ou de moins jeunes d’ailleurs, sur l’Esport, mais en particulier de nos jeunes qui sont les publics les plus vulnérables. Et dans ces moments-là, on peut aussi passer les bons messages. Donc c’est important pour nous. Parce que forcément, ça va créer un regain.
En avril dernier, vous dévoiliez dans les grandes lignes votre stratégie nationale de l’Esport pour 2026-2030, la Coupe du monde d’Esport rentre donc dans ce plan ?
Je dévoilerai les détails de notre stratégie en septembre. Mais bien évidemment, l’accueil de grands événements Esportifs fait partie de la stratégie nationale. Il y a aussi beaucoup de mesures qui concernent aujourd’hui l’apprentissage hors scolaire. Il faut que nos jeunes aient les bons codes pour pouvoir évoluer. Il y a des risques d’addiction, il faut le dire. Donc, comment on apprend à des jeunes à avoir une pratique responsable, mesurée, etc. ?
Il faut respecter les interdictions d’âge. Si on interdit des jeux au moins de 16 ans, c’est parce qu’il y a une réalité. Il faut aussi que le public soit adapté à l’âge auquel on peut jouer. Et puis, on a aussi, comme dans toutes les autres pratiques, aujourd’hui, il faut qu’on contrôle l’honorabilité des gens qui encadrent nos jeunes dans les clubs Esportifs. On ne peut pas tout interdire à notre jeunesse, mais il faut qu’on leur donne le bon cadre pour pouvoir évoluer, tout en rassurant aussi les parents et leur faire comprendre la culture dans laquelle aujourd’hui sont leurs enfants.
Qu’est-ce que vous diriez à quelqu’un qui découvrirait l’Esport grâce à cette compétition ?
Je l’inviterais à aller voir une compétition, à se rendre à Paris-Porte de Versailles, parce que la première fois qu’on rentre dans une enceinte d’une compétition internationale d’Esport, on comprend que c’est un sport à part entière. Vous allez retrouver tous les codes. Les joueurs qui jouent en équipe et qui s’entraînent beaucoup, comme des sportifs de haut niveau. Vous verrez les supporters avec les mêmes codes que dans les stades, avec les bannières, les champs de soutien. Vous allez retrouver l’ambiance des grands stades, tout simplement.
Et puis, c’est surtout un spectacle incroyable. Il faut le vivre pour comprendre aussi ce qu’est l’Esport aujourd’hui et ce que ça représente dans le monde. Une compétition comme celle-ci, il y a 750 millions de personnes qui vont la suivre dans le monde. Donc, pour la France et pour Paris, c’est aussi très important. On va être la capitale mondiale de l’Esport pendant quelques semaines et c’est une vraie fierté.


















