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Les personnages féminins dans le jeu vidéo toujours aussi mal accueillis

Les personnages féminins dans les jeux vidéo, toujours aussi mal accueillis et sujets à polémiques

Y en a marreLe 2 juin 2026, PlayStation révélait les premières images de son jeu « God of War Laufey ». Pour la première fois, le personnage principal sera une femme. Immédiatement, les réactions sexistes se multiplient. Pourquoi une si mauvaise réception ?
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Maelys Courpotin

Maelys Courpotin

L'essentiel

  • Dès l’annonce du jeu God of War Laufey, des réactions sexistes se sont multipliées sur Internet. La raison : le personnage principal de la saga, Kratos, ne sera pas le héros de cet opus. A la place ce sera sa femme, la déesse Laufey, alias Faye.
  • Il n’est pas rare que des propos sexistes et misogynes soient émis dès que le personnage principal d’un jeu vidéo est une femme. Ce fut notamment le cas pour Aloy, la protagoniste d’Horizon Zero Dawn.
  • Les personnages féminins qui reçoivent le plus souvent l’appréciation des joueurs : des personnages comme Lara Croft, ou EVE de Stellar Blade, des personnages ultra-sexualisés.

«C’est une abomination féministe, un désastre pour la franchise », « God of War de la lessive », « De la merde woke qui ruine ma franchise préférée »… Voilà ce qu’on peut lire sur X, sous le post de PlayStation datant du 3 juin dernier pour annoncer le nouveau jeu God of War Laufey.

Car le personnage féminin, Laufey, alias Faye, va remplacer le personnage emblématique de la licence, Kratos, pour cet opus. Ces réactions sont récurrentes. L’occasion de revenir sur la réception, souvent très mauvaise des personnages féminins dans les jeux vidéo.

Un rejet des personnages féminins…

God of War est une série de jeux vidéo dans lesquels on incarne Kratos, Dieu de la guerre, qui a pris la place d’Arès sur le Mont Olympe. Ce personnage masculin est particulièrement musclé, couvert de tatouages, chauve avec une grande barbe noire. Un parangon de virilité donc. Mais cette fois-ci, c’est Faye, sa femme, qui sera la tête d’affiche du prochain opus de God of War. PlayStation a annoncé la nouvelle lors de sa conférence State of Play, le 3 juin dernier.

Immédiatement des milliers de commentaires mais aussi des détournements sexistes ont pullulé sur Internet. Sur X, par exemple, on trouve des faux extraits de God of War Laufey dans lesquels Faye est au service de Kratos, lui fait à manger, et lui obéit au doigt et à l’oeil. Ces vagues sexistes et misogynes sont récurrentes. Ainsi, deux personnages du jeu culte The Last of Us, Ellie et Abby, avaient été moqués et rejetés par certains joueurs, mais aussi Aloy, d’Horizon Zero Dawn. Leur design est aussi souvent reproché : elles seraient trop « masculines », parce qu’elles sont musclées et sans forte poitrine.

…Sauf s’ils sont sexualisés

Selon un rapport de l’association Women in Games (WIG) de 2026, 79% des femmes françaises se sentent mal représentées à travers les personnages féminins dans les jeux vidéo. Et pour cause : parmi ces protagonistes, beaucoup sont représentées avec des caractéristiques qui renforcent les stéréotypes de genre.

WIG cite, dans un autre rapport de 2024, une étude du Geena Davis Institute on Gender In Media. D’après l’institut américain, les personnages féminins ont ainsi dix fois plus de chance d’être montrés dans des vêtements sexy, ou d’apparaître nus à l’écran, par rapport aux personnages masculins. L’exemple le plus connu : Lara Croft. L’aventurière et archéologue de Tomb Raider était connue pour avoir un design « sexy », qui plaît aux hommes. Seuls moments où elle n’a plus été approuvée ? Quand la taille de sa poitrine a été diminuée dans les opus les plus récents.

Pareil pour le nouveau personnage de GTA VI. Pour la première fois, le jeu aura pour personnage principal une femme, prénommée Lucia. Et l’on a vu peu de réactions négatives face à ce changement pourtant important pour la licence, accusée d’être parfois misogyne, ou trop critique de la société américaine. Cependant, beaucoup se réjouissaient du fait qu’elle soit : « jolie et badass » et « canon ».

Vers des dérives ?

Mais cette année, il y a un personnage qui a particulièrement créé la polémique : celui d’EVIE, dans le nouvel opus de Stellar Blade 2 : Blood Rain, développé par le studio Shift-Up et présenté au Summer Game Fest 2026. Notamment à cause de son visage aux traits particulièrement juvéniles, alors que ses formes sont très accentuées, avec une combinaison ultra-moulante. Si certains rejettent complètement le personnage : « on dirait une gamine sexualisée, si le studio continu comme ça, il va se prendre le mur ». D’autres justifient cela comme étant une particularité culturelle propre au Japon et à la Corée, ce qui ne représenterait donc pas un problème dans ces pays.

Mais ce n’est pas la première fois que le studio coréen derrière la licence s’appuie sur la fétichisation de son personnage pour attirer des joueurs. Lors du premier opus, le personnage EVE avait eu le droit à sa tenue « nude », qui la faisait paraître presque nue, ou encore au costume de lapin façon Playboy. Difficile donc de s’appuyer sur une direction artistique soi-disant innocente. Surtout lorsque le directeur du studio, Hyung Tae Kim annonce dans une interview pour IGN des tenues « encore plus attrayantes » concernant son nouveau personnage, juste après avoir confirmé qu’elle était plus jeune que sa prédécesseure.

Les chiffres de Women In Games corroborent ces comportements sexistes et misogynes. Dans son rapport de 2026, l’association révèle une régression du nombre de femmes dans les studios de développement, passant de 24 à 20 % et que parmis les joueuses, 40 % ont déjà vécus de comportements sexistes.