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« League of Legends » : « Le métier de joueur esport pro peut paraître idyllique, mais c’est aussi très exigeant »
League of legends•A l’approche de la nouvelle saison esport de « League of Legends », Solary, une structure majeure de la ligue française du jeu, se prépare avec confiance pour les compétitions à venirTom Comminge
L'essentiel
- La saison esport de League of Legends démarre en janvier avec le LFL Invitational. A la clé, une qualification aux tournois européens EMEA Masters, et deux places pour intégrer la LFL, la première ligue française du jeu.
- Solary, une équipe majeure de LFL, se prépare pour la compétition avec un effectif renouvelé et une nouvelle organisation interne dirigée par César « Wakz » Hugues, qui vise une qualification européenne aux EMEA Masters.
- L’équipe mise sur une meilleure cohésion collective par rapport à 2025. « Sur League of Legends, ce ne sont pas les meilleurs joueurs qui gagnent, c’est la meilleure équipe. »
Le début de la saison esport de League of Legends approche à grands pas. Les équipes françaises se préparent pour leur première étape : le LFL Invitational. Pour la saison 2026, la compétition offre un nouveau format. Elle regroupe 20 structures mêlant des équipes de LFL (la première ligue française), de LFL Division 2, de formations « Game Changers » et de deux équipes invitées. A la clé, une qualification aux EMEA Masters, une compétition européenne, pour les deux premiers du tournoi. Le LFL Invitational permet aussi à deux équipes encore non qualifiées en LFL de décrocher leur place dans l’élite française.
Solary, une structure déjà bien ancrée en LFL, s’annonce comme un concurrent sérieux pour la victoire. Après une saison 2025 en demi-teinte, l’équipe a lancé sa reconstruction à l’intersaison avec un effectif renouvelé. Nouveau fonctionnement en interne, vision plus incarnée du projet, César « Wakz » Hugues, cofondateur et responsable de l’équipe League of Legends de Solary, nous explique les coulisses de cette préparation.
Quel est l’état d’esprit de Solary pour cette nouvelle saison ?
On a beaucoup changé notre manière de fonctionner. Cette année, c’est moi qui suis responsable de l’équipe. Donc pas mal de décisions passent désormais par moi. Que ce soit la création de l’effectif, la vision sur nos performances, l’organisation du staff, je prends soin de tout. L’idée, c’est d’avoir un projet plus incarné, qui nous ressemble vraiment. On veut une équipe qui reflète ma vision de ce que doit être l’esport sur League of Legends. Côté objectifs, on reste humbles. L’équipe est prometteuse, mais on veut avancer pas à pas. L’objectif, évidemment, c’est de se qualifier pour l’EMEA Masters. Mais le plus important, c’est de ne pas se précipiter. L’équipe vient tout juste de se réunir. Nos deux joueurs coréens sont arrivés le 6 janvier. Du coup, les premiers entraînements collectifs ont commencé dans la foulée.
Comment faites-vous pour que la préparation se passe au mieux ?
Mon rôle, c’est de mettre les joueurs dans les meilleures conditions possibles. J’ai donc recruté un staff compétent au niveau du coaching, du management. Je voulais des personnes qui partagent ma vision. Ensuite, je leur laisse les clés du travail au quotidien. Mon but n’est pas de tout contrôler, mais de m’assurer que les problèmes soient anticipés et résolus rapidement. C’est leur domaine d’expertise.
Sur quels aspects cette nouvelle équipe doit-elle le plus progresser par rapport à l’an dernier ?
L’an dernier, on avait d’excellents joueurs individuellement, mais il manquait un vrai esprit d’équipe. Cette saison, on veut cinq individualités qui jouent avec la même lecture du jeu. Dans les moments de tension, tout doit aller vite. Si chacun prend les mêmes décisions instinctivement, tu deviens une vraie team. Sur League of Legends, ce ne sont pas les meilleurs joueurs qui gagnent, c’est la meilleure équipe.
Les news Esport et GamingDans les moments de forte pression, qu’est-ce qui fait la différence dans la tête d’un joueur ?
C’est la confiance. Un bon joueur ne doute pas. Sur le jeu, tout va très vite. Si tu hésites une demi-seconde, c’est souvent déjà trop tard. Les meilleurs savent se faire confiance, et faire confiance à leurs coéquipiers. Quand un coéquipier prend une initiative agressive, il faut le suivre sans hésiter. C’est cette synchronisation mentale qui distingue les bons des très grands joueurs.
La saison est longue et demande une grande régularité. Comment gérez-vous cet aspect ?
C’est un vrai défi. La régularité dépend beaucoup de la santé mentale. La pression, la fatigue, les longues compétitions pèsent sur les joueurs. Notre priorité, c’est d’éviter le burn-out. On surveille les signes de fatigue et on adapte les temps de repos en fonction des profils. Certains ont besoin de vraies pauses pour recharger les batteries, d’autres préfèrent rester dans le rythme. Le métier de joueur esport professionnel peut paraître idyllique, mais c’est aussi très exigeant mentalement. Il faut apprendre à gérer l’équilibre entre performance et bien-être.



















