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Jeux vidéo : Cours suspendu à la Bourse, rumeurs de rachat… Que se passe-t-il chez Ubisoft ?
Crise•Jeudi, Ubisoft a reporté à la dernière minute la publication de ses résultats semestriels et demandé une suspension à la Bourse de Paris. Un signal peu rassurant après plusieurs difficultés économiques pour l’entreprise20 Minutes avec AFP
Le secteur du jeu vidéo retient son souffle. Ubisoft a reporté à la dernière minute la publication de ses résultats semestriels et demandé une suspension à la Bourse de Paris. L’entreprise promet la diffusion de ses résultats « dans les prochains jours », alors que le reste du secteur s’interroge sur son avenir.
Ubisoft est l’un des plus gros acteurs du jeu vidéo dans le monde, avec quelque 17.000 employés. Il a dans son catalogue des titres majeurs comme les séries Assassin’s Creed, Far Cry ou Just Dance. Contacté par l’AFP, l’éditeur français n’a pas donné de raison à ce report.
« Ce n’est jamais un bon signe de décaler des résultats », note de son côté auprès de l’AFP Charles-Louis Planade, analyste à Midcap Partners, « très surpris » de cette annonce. Dans un courriel interne envoyé jeudi aux salariés et consulté par l’AFP, le directeur financier du groupe Frédérick Duguet a indiqué sans plus de précisions qu’Ubisoft avait besoin d’un « délai supplémentaire pour finaliser la clôture du semestre » et que la demande de suspension de sa cotation visait à « limiter les spéculations inutiles et la volatilité du marché pendant ce court délai ».
L’option du rachat pas à exclure
Un rachat « fait partie des options sur la table », estime Charles-Louis Planade, renvoyant à celui fin septembre de l’éditeur américain Electronic Arts par un consortium composé du fonds souverain saoudien PIF et des sociétés d’investissement américaines, dont l’une fondée par Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. Cela pourrait indiquer « un mouvement de concentration qui s’accélère sur le secteur du jeu vidéo », ajoute le spécialiste, alors que le secteur est en crise depuis quelques années.
Fin 2024, des rumeurs de presse avaient fait état de discussions entre la direction du groupe français et le géant chinois de la tech Tencent, entré au capital d’Ubisoft en 2018. Dans le cadre d’une réorganisation plus large, l’éditeur a depuis annoncé la création d’une nouvelle filiale regroupant ses trois sagas phares et détenue à environ 25 % par Tencent via un apport de 1,16 milliard d’euros. La finalisation de la transaction, prévue pour la fin de l’année 2025 sous réserve de validation des autorités réglementaires, devrait permettre à Ubisoft de se désendetter.
Une mauvaise passe pour Ubisoft
Mais cette nouvelle organisation n’a pas suffi à rassurer les marchés : le titre Ubisoft n’a cessé de dégringoler à la Bourse de Paris, plongeant de près de 50 % depuis début 2025 et approchant son plus bas depuis 2012, à moins de 7 euros. Ubisoft a également enchaîné les revers ces dernières années, avec des lancements de titres en demi-teinte et l’arrêt précoce de son jeu de tir en ligne XDefiant. Après un bon démarrage, son dernier blockbuster lancé en mars, Assassin’s Creed Shadows, semble aussi montrer un tassement de ses ventes, selon le cabinet spécialisé Alinea Analytics. Une des dernières grosses cartouches du groupe, qui, à part le jeu de stratégie Anno 117 sorti cette semaine et un futur remake de Prince of Persia : les Sables du temps, n’a rien annoncé.
Depuis 2023, l’éditeur français poursuit un plan de réduction des coûts qui a déjà entraîné la fermeture de plusieurs studios à l’étranger et le départ de plus de 3.000 salariés. En octobre, il a notamment annoncé un plan de départs volontaires dans ses studios de Stockholm et Malmö, en Suède, qui avaient travaillé sur Star Wars Outlaws, superproduction aux ventes jugées décevantes depuis sa sortie à l’été 2024.


















