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Perrier sur la sellette : « Elle a le même goût »… On a demandé aux consommateurs si ça changeait quelque chose
en ébullition ou pas ?•L’UFC Que Choisir demande le retrait temporaire des bouteilles Perrier, considérant comme trompeuse leur appellation d’eau minérale naturelle. Les consommateurs interrogés se montrent globalement préoccupés, sans pour autant changer leurs habitudesJérôme Diesnis
L'essentiel
- L’UFC Que Choisir a demandé au tribunal de Nanterre le retrait temporaire des bouteilles Perrier, considérant leur commercialisation comme « eau minérale naturelle » trompeuse car « elle a été traitée ».
- Les consommateurs interrogés se montrent globalement préoccupés mais pas au point de changer radicalement leurs habitudes, certains estimant que « minérale naturelle ou pas, ça ne change pas grand-chose pour celui qui la boit ».
- Dans la restauration, l’impact commercial reste limité pour l’instant.
Perrier va-t-il perdre son label d’eau minérale naturelle ? La menace plane au-dessus de la marque emblématique du groupe Nestlé Waters. Et avec elle l’avenir de la source de Vergèze, dans le Gard, se brouille. Mercredi, l’UFC Que Choisir a demandé au tribunal judiciaire de Nanterre le retrait temporaire des bouteilles Perrier, dont elle considère la commercialisation en tant qu’eau « minérale naturelle » comme trompeuse. « Le consommateur achète une eau vendue comme minérale naturelle alors qu’elle n’est pas naturelle, puisqu’elle a été traitée », souligne l’avocat de l’association, Alexis Macchetto.
En attendant la décision de justice, on a justement été les sonder, ces consommateurs pour connaître leur ressenti. On les a trouvés globalement préoccupés, mais pas au point de changer leurs habitudes. « J’en bois depuis des années, qu’on me dise qu’elle pourrait ne plus être qualifiée de minérale ne change absolument rien. Je trouve qu’elle a le même goût », explique Antoine. « Ça fait réfléchir, reconnaît Angélique. Quand on entend parler de contaminations par des bactéries de matières fécales, ce n’est pas très engageant. Mais visiblement l’eau est traitée, même si ce n’est pas trop dans les règles de l’art. Minérale naturelle ou pas, ça ne change pas grand-chose pour celui qui la boit ».
« Est-ce qu’on peut encore boire ou manger sereinement ? »
Hatem a fait un autre choix. « C’est vrai, je n’en achète plus. Je préfère d’autres marques qui n’ont pas – enfin à ma connaissance – ce genre de problèmes ». A ses côtés, Angélique s’interroge : « Mais entre les microplastiques dans les bouteilles d’eau, les PFAS dans l’eau du robinet, tous les rappels de produits, est-ce qu’on peut encore boire ou manger sereinement ? »
« La question de l’infection est inquiétante. Je me dis que si elle est commercialisée, c’est qu’elle est quand même buvable. Après qu’elle soit minérale naturelle ou pas, ça n’a, pour moi, pas d’importance, note Paul. Mais pour lui, boire du Perrier, c’est d’abord une question de palais. C’est emblématique. Il y a très longtemps, quand on en buvait avec le whisky, c’était le grand chic. Je trouve que c’est d’ailleurs la seule eau pétillante qui garde ses propriétés quand on la consomme dans d’autres boissons ».
On ouvre les portes d’une pizzeria. Mauvaise pioche… « Ah ici, on a toujours proposé de la San Pellegrino ! ». Italie oblige. « Depuis qu’on entend parler de Perrier négativement, on ne voit pas trop de baisse de la consommation, témoigne de son côté Benjamin, de Chez Pépette, un restaurant de Castelnau-le-Lez, près de Montpellier. Un peu sur les bouteilles de 50 cl ou d’un litre, celles que l’on consomme pendant le repas. Mais beaucoup de clients nous commandent encore un "Perrier tranche". C’est un peu un réflexe, une habitude de langage. Je pense que c’est ce qui soutient encore la marque, pour l’instant ».



















