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L’utilisation des Tickets resto bientôt élargie, grosse colère des restaurateurs
Indigeste•La réforme des titres-restaurants proposée par la ministre Véronique Louwagie suscite la colère des restaurateurs, qui dénoncent l’abandon du double plafond d’utilisation avec des montants différents entre restauration et grande distribution20 Minutes avec AFP
La réforme des titres-restaurants portée par la ministre du Commerce et des PME Véronique Louwagie provoque ce jeudi la colère des restaurateurs. « C’est un séisme pour la restauration et une trahison du gouvernement », s’indigne Franck Chaumes, responsable de la branche restauration de l’Umih, première organisation patronale du secteur. En cause, l’abandon de la piste d’un double plafond d’utilisation des titres-restaurant, qui aurait été plus élevé dans les restaurants que dans la grande distribution.
« La réforme vise à simplifier, moderniser et protéger, sécuriser le titre-restaurant. Le titre-restaurant concerne plus de 5,5 millions de salariés. Cela correspond à 10 milliards d’euros émis chaque année et c’est un élément important de pouvoir d’achat des salariés », a rappelé Véronique Louwagie.
« On est très en colère »
La possibilité de faire toutes ses courses alimentaires avec ces titres (sauf l’alcool, les confiseries, les produits infantiles et les aliments animaliers), un dispositif temporaire lancé en 2022 et prorogé chaque année depuis, sera pérennisée à partir de 2027. Le gouvernement fait valoir la popularité de cette possibilité auprès des salariés ainsi qu’un changement des modes de consommation, entre télétravail et repas préparés à la maison puis amenés sur le lieu de travail.
« On est très en colère. Ça fait deux ans qu’on essaie de trouver un consensus, de trouver un usage qui convienne à tout le monde. C’est inacceptable d’abandonner le double plafond qui est pour nous une condition sine qua non. Nous ne soutiendrons pas ce projet de loi », indique Franck Trouet, délégué général du GHR, autre organisation de la restauration. Le véhicule (projet ou proposition de loi) doit être mis sur un calendrier « à l’automne 2025 ou au printemps 2026 ».
Manque à gagner estimé à 1,5 milliard d’euros
Les restaurateurs de l’Umih et du GHR évaluent à 1,5 milliard d’euros leur manque à gagner depuis l’extension du dispositif pour faire toutes les courses. Ils annoncent à leur intention de boycotter les assises de la restauration prévues à l’automne par la ministre.
« Ce ticket repas, il est destiné aux salariés, ce n’est pas pour faire plaisir aux restaurateurs ou à la grande distribution », a lancé jeudi Michel-Édouard Leclerc sur BFMTV.
Notre dossier sur la restaurationEdenred, maison mère du Ticket-Restaurant estime que la réforme (notamment la dématérialisation complète à partir de 2027) permettra à davantage de salariés de bénéficier des titres-restaurants. Ils sont proposés aujourd’hui à 27 % d’entre eux. Mais « nous regrettons que le gouvernement n’ait pas retenu l’idée du double plafond. Cela aurait été une mesure de justice et d’équité vis-à-vis de la restauration, reconnaissant que le montant d’un repas n’est pas le même dans un restaurant et au supermarché », souligne Ilan Ouanounou, directeur général d’Edenred France.


















