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Alcool, cigarettes, souvenirs… Qu’a-t-on le droit de ramener de ses vacances ?
tourisme•La douane rappelle les règles concernant ce que l’on a le droit ou pas de ramener de son lieu de vacances, histoire que « tout le monde puisse revenir tranquille, et ne se retrouve pas confisqué de certains de ses achats… »Mickaël Bosredon
L'essentiel
- Si vous voyagez hors Union européenne, par avion ou par bateau, vous serez limité dans vos achats à des biens « d’une valeur de 430 euros maximum, au-delà, ils doivent être déclarés, et éventuellement taxés », rappelle Hervé Geffroy, adjoint au directeur des douanes de Nouvelle-Aquitaine.
- Pour l’alcool et les cigarettes, vous n’avez droit de ramener qu’une cartouche ou 100 cigarillos, 16 litres de bière, 4 litres de vin, et un litre d’alcool fort pour les pays hors Union. La tolérance est bien plus grande au sein des pays de l’UE.
- Il faut également partir du principe que les prélèvements dans la nature, notamment de sable et de galets, sont interdits.
A l’approche des grands départs en vacances, la douane lance ce mercredi une campagne d’information, « Voyagez tranquille », histoire de bien préparer son… retour. « Le Français a pour habitude de très bien organiser son départ en vacances ainsi que son séjour, mais pense très peu à son retour, observe Hervé Geffroy, adjoint au directeur interrégional des douanes de Nouvelle-Aquitaine. Nous rappelons donc les règles concernant ce que l’on a le droit ou pas de ramener de son lieu de vacances. Le but est que tout le monde puisse revenir tranquille, et ne se retrouve pas confisqué de certains de ses achats… »
20 Minutes fait le tour des principales règles à connaître pour revenir « tranquille ».
Des biens de quelle valeur ?
Vous avez craqué sur ce bijou artisanal, ce magnifique sac de marque, ou cette broderie locale entièrement réalisée à la main ? Pas de problème si vous voyagez au sein de l’Union européenne. Aucun droit ou taxe ne sera à acquitter sur vos achats effectués sur place s’ils répondent à l’usage personnel.
Si vous voyagez hors Union, y compris en Outre-mer, ce ne sera pas la même chanson. Des plafonds de valeur s’appliquent en effet à vos achats. Si vous voyagez par avion ou par bateau, qu’il s’agisse d’un achat ou d’un cadeau, vous serez limité à des biens « d’une valeur de 430 euros maximum, au-delà, ils doivent être déclarés, et éventuellement taxés », rappelle Hervé Geffroy. « Pour les déplacements en voiture, la valeur de ces biens à déclarer démarre à partir de 300 euros », ajoute-t-il. La valeur de ces biens est de moins de 150 euros pour les moins de 15 ans.
L’alcool et les cigarettes
Les souvenirs et les bibelots, très peu pour vous ? Vous préférez réserver le peu de place qu’il vous reste dans vos valises à des biens que vous estimez plus indispensable, tels que cigarettes et alcools, qui s’avèrent moins chers dans le pays où vous passez votre été ? Attention, vous ne pourrez pas faire ce que vous voudrez. « Si vous rentrez d’un pays hors de l’Union européenne, vous n’avez droit qu’à une cartouche (200 cigarettes) ou 100 cigarillos. Pour l’alcool, c’est 16 litres de bière, 4 litres de vin, et un litre d’alcool fort [au-dessus de 22 °C]. » La principauté d’Andorre représente toutefois une exception puisque vous avez droit d’y ramener « une cartouche et demie (300 cigarettes), et 1,5 litre d’alcool fort. »
La marge est bien plus grande au sein de l’Union européenne, et même s’il existe quand même des restrictions, vous allez pouvoir vous lâcher. « La limite pour la bière est de 110 litres, 90 litres pour le vin, et 10 litres pour les alcools durs. Ce sont les mêmes quantités qui ont cours en France. » Pour les cigarettes, vous ne pouvez pas, en revanche, transporter plus de quatre cartouches (800 cigarettes). « Au-delà, on considère qu’il y a prescription de commerce. »
Les cas spécifiques
Concernant la viande (sauf la viande transformée sous vide) et les produits à base de lait, « l’entrée dans l’Union européenne est interdite ». « Il s’agit de préserver le territoire de nombreuses maladies et parasites pouvant être véhiculés entre les humains, les animaux et les plantes », explique le directeur adjoint des douanes de Nouvelle-Aquitaine. « Les produits issus de la pêche (poisson frais, séchés, coquillages) sont en revanche autorisés, dans les conditions d’hygiène appropriées. »
Les végétaux ne sont pas non plus autorisés, sauf bananes, ananas, noix de coco et dattes. « Pour les pommes de terre destinées à la consommation, les légumes et fruits, fleurs et boutons de fleurs, les fruits frais réfrigérés, il faut la présentation d’un certificat phytosanitaire du pays de provenance. La terre, les substrats, plants de vigne et d’agrumes, les pommes de terre non destinées à la consommation, sont interdits. » « A l’arrivée de vols en provenance de pays d’Afrique ou d’Asie, les gens ne comprennent pas pourquoi nous retirons ces produits, mais il faut comprendre que plusieurs espèces invasives peuvent s’y introduire. Le moustique-tigre n’a pas fait le voyage depuis l’Asie avec ses petites ailes », souligne notre interlocuteur.
Les prélèvements dans la nature
Il faut se référer à la réglementation interne de chaque pays, mais en partant du principe que, globalement, les prélèvements dans la nature sont désormais interdits. « Ne serait-ce qu’en France il est interdit de se servir en sable ou en galets, rappelle Hervé Geffroy. Il est interdit de ramener également tout ce qui est coraux, puisque c’est considéré comme des êtres vivants, et ces marchandises sont protégées par la convention de Washington sur les animaux menacés d’extinction. »
Les sommes d’argent
A priori, vous ne serez pas concerné par cette limite dans le cadre de vos vacances, mais sachez tout de même que tout franchissement de frontière avec une somme d’argent supérieure à 10.000 euros - espèces, or, cartes d’achat… - doit être déclaré avant le franchissement de frontière. « Sans certificat, nous procédons à une retenue temporaire de l’argent, puis à une enquête, à charge pour la personne de prouver le caractère licite de cette somme d’argent [s’il s’agit d’une vente de véhicule par exemple]. Le but de cette démarche est bien entendu de lutter contre les trafics et le blanchiment d’argent. »
Notre dossier sur le tourismeAttention aux contrefaçons
Toutes les contrefaçons restent bien entendu interdites, notamment celles de vêtements, et ce « dès le premier article ». « Cela dit, nous rassurons les gens, s’ils le portent sur eux, nous ne leur demandons pas de l’enlever », précise le directeur adjoint.
Toutes les infos sont à retrouver sur le site dédié des douanes.



















