Noël : A la répression des fraudes, un jouet sur cinq testé est déclaré non conforme
sécurité•A travers une batterie de tests, ce laboratoire de la Répression des fraudes de Villeneuve-d’Ascq (Nord) reproduit le comportement d’un enfant, pour vérifier si les jouets peuvent être mis entre les mains des tout-petits20 Minutes avec AFP
Projeté au sol, le cou comprimé dans un étau, l’ourson garde le sourire. Il vient pourtant de perdre son nez, arraché par une pince en l’espace d’une seconde. La peluche, testée au laboratoire de la Répression des fraudes de Villeneuve-d’Ascq (Nord), sera déclarée non conforme.
Nicolas, technicien au sein du domaine jouets du laboratoire, soumet les peluches à des « essais de traction », explique-t-il. Pour être aux normes, les éléments amovibles de l’ourson (yeux, nez) doivent résister à une pression de 90 newtons, soit environ 9 kg, « la force que peut générer un enfant ».
Noël représente « bien sûr un pic d’activité »
Le nez de l’ourson noir et blanc s’est détaché à 48 newtons. Nicolas se saisit ensuite d’un cylindre « de la taille de l’œsophage d’un enfant de trois ans », dans lequel passe largement le petit nez en plastique. Les soucis s’enchaînent pour le plantigrade factice.
Dans ce laboratoire, commun à la Répression des fraudes (DGCCRF), aux douanes et à la direction générale de l’alimentation, « on reçoit des jouets toute l’année », assure Olivier, responsable du domaine jouets. Mais Noël représente « bien sûr un pic d’activité », reconnaît-il. La mission de son équipe : « reproduire très exactement le comportement d’un enfant » pour vérifier si les jouets peuvent être mis entre les mains des tout-petits. En dix jours dans le laboratoire, un seul et même jouet peut être soumis à une centaine de tests.
Un étage plus bas, Fabien, également technicien au laboratoire, propulse une voiturette d’un rouge éclatant à 7,2 km/h contre une marche. Le mini-SUV finit sa course sur le flanc, mais la carrosserie est intacte : essai concluant. Les tests achevés, le laboratoire édite un rapport d’analyse, transmis à la Répression des fraudes. « Si le produit est non conforme […], on s’oriente vers une mesure de rappel et de retrait du produit », explique Olivier.
225.000 jouets détruits en 2023
En 2023, 700 jouets ont subi des tests mécaniques, chimiques ou encore d’inflammabilité, indique la DGCCRF, et 19 % se sont révélés non conformes et dangereux (un chiffre qui monte à 36 % pour les pièces vendues uniquement via des places de marché en ligne). Des taux qui s’expliquent par la qualité du criblage effectué par les enquêteurs de la Répression des fraudes, qui n’envoient aux laboratoires que les jouets qui leur paraissent les plus suspects.
En 2023, les tests ont conduit à la destruction de 225.000 jouets non conformes et dangereux, continue la DGCCRF. Une issue vers laquelle se dirige tout droit l’ourson noir et blanc : outre son nez arraché, sa couture s’est facilement déchirée lors d’un autre test. Un trou bien assez grand pour permettre à un enfant d’en retirer le rembourrage, qui représente un risque d’étouffement.



















