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Roland-Garros: Pas de relève après les Mousquetaires? Ce n’est pas aussi simple que ça

Roland-Garros: Pas de relève après les Mousquetaires? Ce n’est pas aussi simple que ça

TENNISDerrière la génération des Monfils, Gasquet, Tsonga et Simon, les jeunes pousses ont du mal…
A Roland-Garros, Nicolas Camus

A Roland-Garros, Nicolas Camus

«De toute façon, on ne gagne plus rien chez les jeunes. » Cette phrase, qui pourrait avoir sa place dans notre panthéon des plus soûlantes sur le tennis, a au moins le mérite de ne pas être fausse. Depuis l’oublié Alexandre Sidorenko, en 2006, pas un seul petit Frenchie n’a remporté un tournoi du Grand Chelem chez les juniors. Et alors que des joueurs comme Tomic, Kyrgios, Coric ou Sock, âgés de 18 ans à 22 ans, ont déjà leur place dans les 40 meilleurs mondiaux, il faut remonter bien plus loin pour trouver les Français de la même génération. Derrière Lucas Pouille, 90e mondial à 21 ans, tous les autres sont au-delà de la 200e place. Et pas un ne figure dans le Top 5 de sa catégorie. Du coup, le vide annoncé après les « nouveaux Mousquetaires » Monfils, Tsonga, Gasquet et Simon, tout doucement en train de franchir le cap de la trentaine, inquiète.

Le classement ATP des joueurs ayant moins de 23 ans (à gauche) et le classement des Français ayant moins de 23 ans


Le constat n’est certes pas très reluisant, mais le problème ne se limite pas à ces quelques données. « Le classement n’est pas important à cet âge, juge Patrice Hagelauer. Gagner trente places parce qu’on a remporté deux matchs, dont un sur abandon, on s’en fout. Le principal, c’est la progression et l’investissement. Il faut savoir tenter des coups, bien analyser son match. » De ce point de vue, l’entraîneur et ancien directeur technique national (DTN) estime que Quentin Halys (18 ans) ou Maxime Hamou (20 ans), qui ont tous deux perdu sans démériter ce mardi à Roland-Garros, sont les représentants d’un petit groupe prometteur. « Ce sont des jeunes talentueux, qui sont loin d’avoir réalisé leur potentiel, considère-t-il. Surtout, ce sont des bosseurs. Sans être d’un optimisme béat, s’ils continuent dans ce sens, ils peuvent aller haut. »



« La clé, c’est l’ambition du joueur »

Seulement, il ne faut plus lambiner. « Pendant quatre ans, on s’est dit doucement, on a le temps (avec l’accession plus tardive dans le Top 100). C’est une connerie. Une carrière, c’est un sprint, le retard pris s’accentue au fil des ans et ne se rattrape jamais », disait récemment dans L’Equipe l’actuel DTN, Arnaud Di Pasquale. Avec notamment un axe de travail prioritaire : inculquer aux jeunes pousses un état d’esprit de winner. « La clé, c’est l’ambition du joueur, abonde son prédécesseur. Mais la vraie, c’est-à-dire qu’il ne suffit pas de dire dans les médias qu’on veut être numéro 1 mondial. Non, l’ambition, c’est se mettre les tripes au soleil, jouer, bosser, jouer, bosser, sans arrêt. L’exigence qu’a le joueur avec lui-même est capitale. »

C’est bien beau tout ça, mais quand est-ce que l’on saura si ces joueurs, dont font aussi partie Mathias Bourgue (21 ans, 200e) et Laurent Lokoli (21 ans, 233e), peuvent faire leur trou ? « Il faut encore deux-trois années de boulot pour savoir », répond Parice Hagelauer. Sans spéculer sur un éventuel potentiel top 5 mondial, une petite brochette dans les 15-20, auteurs de quelques coups en Grand Chelem, n’est pas illusoire. « Le tennis va dans la direction qu’il a choisie, taper fort dans la balle et essayer de faire le point à chaque fois. Il a tout, notamment un bon service et un bon coup droit, pour bien jouer ». Voilà ce qu’a dit Rafael Nadal de Quentin Halys, qui lui a pris dix jeux et mis quelques belles claques pour sa première à ce niveau. On laissera au nonuple vainqueur de Roland-Garros le mot de la fin. Et de l’espoir.