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Euro 2016: Après France-Portugal, les questions que doit se poser Deschamps pour la suite
FOOTBALL•Le sélectionneur tricolore sort de l’Euro avec quelques certitudes mais aussi des choix à faire pour 2018…Julien Laloye
C’est Gignac qui l’a dit, et on n’avait pas mieux en magasin. Les Bleus « vont passer des vacances de merde », et nous aussi, en repensant à toutes ces occasions manquées en finale de notre Euro contre ces satanés Portugais. Mais le foot a ça de bien, il ne s’arrête jamais vraiment. La Ligue 1 va nous occuper rapidement, en même temps que les JO, une vraie sucrerie après ce 10 juillet pourri, et puis ce sera déjà le mois de septembre et le début des éliminatoires pour la Coupe du monde 2018. Bien reposé et prêt à repartir au combat, Deschamps, à la tête de l’équipe de France pour encore deux ans, au moins, aura eu le temps de faire le bilan de cet Euro et penser à la suite. On lui file à coup de main.
Qu’est-ce qu’on a appris qu’on ne savait pas sur ce mois de juin et dont DD pourra s’inspirer à la rentrée ? Deux ou trois trucs qu’on résume par ici :
- Griezmann est le grand joueur d’avenir de l’équipe de France. Davantage que Pogba, Varane, Martial, ou qui vous voulez, pour le moment. C’est autour de lui qu’il faut bâtir.
- Varane-Umtiti c’est peut-être la charnière de 2018. L’un joue au Real, l’autre va rejoindre le Barça, et au vu de ce que le second a montré pour ses premières sélections dans un contexte aussi brûlant, ça vaut le coup de penser à leur association dès maintenant.
- Sissoko mérite mieux que ce rôle ingrat de douzième homme. L’ancien toulousain a réussi trois matchs de mammouth à partir des quarts de finale et mérite d’être intégré dans la réflexion générale du onze de départ de manière durable.
- Giroud est plus qu’un numéro 2. L’attaquant des Gunners était un peu fatigué face au Portugal, mais il a parfaitement réussi un Euro commencé sous les sifflets en préparation. Il a gagné le droit d’être considéré comme le titulaire au poste pour les mois qui viennent.
Partant de ces constats, voici quelques pistes de travail pour le staff tricolore à plus ou mois long terme, en pensant à la Coupe du monde dans deux ans.
Soigner la dépression à la rentrée en injectant du sang neuf
Les Bleus n’ont pas vraiment le temps de panser leurs plaies. Leur groupe de qualification n’est pas le plus aisé dans l’idée de se qualifier sans passer par les barrages, avec la présence des Pays-Bas, et il faudra commencer par un déplacement piégeux en Biélorussie, début septembre. Une majorité des joueurs présents à l’Euro sera là, bien sûr, mais pour lutter contre la sinistrose, il ne serait peut-être pas sot d’appeler quelques joueurs qui n’arriveront pas à Clairefontaine plombés par cette aventure inachevée. Quelques réservistes qui ont repris tôt, par exemple (Lacazette, Ben Arfa, Rabiot) ont plutôt intérêt à être bons au mois d’août, on ne sait jamais.
Faire le ménage en défense
La bonne surprise Umtiti a un peu éteint le débat en fin de compétition mais ce secteur reste le point faible relatif des Bleus. Quand tout le monde sera disponible, Deschamps aura de nombreuses possibilités dans l’axe (Varane, Koscielny, Sakho, Umtiti, Laporte, Zouma)…mais toujours aussi peu sur les côtés, où Evra est clairement en fin de course. Il est temps de trouver des latéraux pour voir plus loin, quitte à faire confiance à des joueurs qui n’ont pas encore une immense expérience en club mais un potentiel certain (Kurzawa, Corchia, Sidibé).
Trouver un système de jeu qui favorise TOUS ses meilleurs joueurs
C’est LE grand chantier du staff, qui a navigué à vue dans cet Euro d’un point de vue tactique. Un coup le 4-3-3 avec Pogba à droite puis à gauche, un coup le 4-2-3-1 pour mettre Griezmann dans les meilleures conditions, quitte à fragiliser l’ensemble. Deschamps n’a pas encore trouvé le système qui lui permet de profiter à plein du potentiel individuel de chacun. En prenant en compte les nombreux talents offensifs qui peuvent encore s’ajouter au groupe (Lacazette, Gameiro, Fekir, Ben Arfa, Dembélé), il faudra trouver une identité de jeu plus consistante que les coups de boutoir offensifs aperçus à l’Euro.
Réintégrer ou non Benzema
La question à 100 000 dollars. D’un côté, les faits. Benzema est mis en examen, et s’il devait être innocenté, il reste le meilleur attaquant du foot français, Griezmann compris. On a cru comprendre que Le Graët aimerait bien qu’il revienne, un enthousiasme pas forcément partagé par Deschamps, qui a mal vécu l’interview accordée à Marca par le joueur du Real juste avant le match d’ouverture. L’Euro a montré qu’il n’était pas indispensable, et tout le problème est là, finalement, si l’on met de côté l’extasportif : Benzema acceptera-t-il de revenir sans être la star de l’équipe, voire en étant le remplaçant de Giroud ? C’est pas gagné…


















