Typhon Haiyan: Les footeux français expatriés racontent le pays où «tout le monde a perdu quelqu’un»

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Publié le 11 novembre 2013.

FOOTBALL – Quatre Français jouent dans le club des Nomads de Manille, ils étaient aux premières loges pour le passage du typhon Haiyan…

Ils sont Français, jouent en première division à l’étranger, mais ils sont très loin d’avoir la vie de Samir Nasri ou Franck Ribéry. D’ailleurs, vous n’avez sans doute jamais entendu parler d’eux, et pour cause: ce n’est pas quand on défend les couleurs des Nomads de Manille qu’on fait la Une des journaux. De janvier à juin, Loïc Toullec et Adrien Semblat (ainsi que deux autres Français) fréquentent pourtant la première division philippine. Si le championnat est en pleine trêve actuellement, les deux Français vivent donc de très près le drame du typhon Haiyan, qui a fait environ 10.000 morts depuis vendredi, selon les dernières estimations. 

«On ne sait pas trop ce qui se passe, il y a un manque d’information»

A 900 kilomètres plus au Nord, eux n’étaient pas en danger quand les éléments se déchainés. «A Manille, on n’a pas du tout été touchés, on a eu juste un peu de pluie et de vent, explique Adrien Semblat, directeur marketing chez Adidas. Mais on se sent impuissant. On ne peut pas aider concrètement, à part donner de l’argent ou de la nourriture, parce qu’on ne peut pas se rendre sur place. On ne sait pas trop ce qui se passe, il y a un manque d’information: au début c'était 10 morts, puis 100, puis 1000, et là 10.000». L’amie de Loïc Toullec, une Philippine, a tout de même pris deux jours de congés pour aller emballer des vivres pour la Croix-Rouge. «A Manille, les gens sont choqués, parce que beaucoup viennent de là-bas et n’ont pas encore de nouvelles. Mais tout le monde a perdu quelqu’un», explique ce salarié d’une société de consulting qui aide les entreprises étrangères à s’installer aux Philippines. 

Si le bilan humain est particulièrement lourd, les deux Français soulignent la force de l’habitude des Philippins devant ces catastrophes. «Ici, comme il y a régulièrement des typhons ou des tremblements de terre, on a l’habitude. Là c’est gros, mais ce n’est pas quelque chose de nouveau. Chaque année il y a au moins un gros drame», soupire Adrien Semblat, sur place depuis 5 ans. Et quand les éléments menacent la capitale, «on nous donne un ou deux jours, pour éviter qu’on marche dans l’eau où on peut attraper des maladies», reprend Loïc Toullec. 

«Le niveau a vachement progressé, ça devient de plus en plus dur»

Ces jours-ci, les deux hommes sont évidemment bien loin de se soucier de leur «carrière» («entre gros guillemets» se marre Adrien Semblat). Dans un pays où le sport numéro 1 est le basket, grâce à l’influence américaine, la zone ravagée est tout de même le seul endroit du pays où le football est le sport roi. D’ailleurs, le calendrier de la première division s’adapte aux conditions climatiques souvent extrêmes, puisque la saison se déroule de janvier à juin, pendant la saison sèche. 

Mais les Français des Nomads de Manille ne retrouveront de toute façon pas l’élite du foot philippin en 2014. «La fédération a instauré une nouvelle règle, qui dit qu’il ne faut pas plus de 5 étrangers par équipes», explique Adrien Semblat. Problème: les Nomads sont un club omnisports dédiés… aux expatriés. De toute façon, «le niveau a vachement progressé, ça devient de plus en plus dur», ajoute Loïc Toullec. Lui et son camarade, qui ont joué jusqu’en CFA2 en France, vont devoir trouver un autre point de chute s’ils veulent continuer le football. Mais aux Philippines c’est jours-ci, c’est évidemment très loin d’être un sujet central.

 

* Antoine Maes

 
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