Mondiaux: «On a été mauvais», les Français racontent comment ils se sont fait piéger dans le désert
CYCLISME•Un seul Bleu, William Bonnet, a su rester dans le groupe de tête au moment où le peloton a accéléré...N.C.
Le pire, c’est que tout le monde était prévenu. Les longues lignes droites à travers le désert du Qatar n’offraient pas beaucoup de distraction aux coureurs, dimanche, . En réalité, il n’y en avait même qu’une : tenter de créer une bordure, le petit nom donné à cette cassure dans le peloton engendrée par une forte accélération des hommes de tête, aidés par un fort vent de côté.
Il était donc évident que des petits malins allaient s’y essayer, les Belges ne s’en étaient d’ailleurs pas cachés. Et ça n’a pas loupé. A 175 km de l’arrivée, les coéquipiers de Boonen ont mis en route, aidés par les Britanniques… et les Français ont volé en éclat. Seul William Bonnet a tenu le choc, laissant les deux leaders, et Arnaud Démare, loin derrière.
« Dommage qu’ils n’aient pas été présents. Tout le monde savait qu’on prenait le vent de trois quart dans le dos à cet endroit », regrette le rescapé. Et oui, le fiasco était évitable. « Tu vois le truc se faire, tu te retrouves dans le vent et en deux minutes, tout est fini. C’est une désillusion totale », raconte .
C’est là que l’on repense au choix du sélectionneur Bernard Bourreau , avec trois coureurs au service de Bouhanni, trois autres de Démare et le seul Adrien Petit au milieu de tout ça. Quand ça a vissé, les forces étaient trop dispersées. « On a été mauvais, c’est sûr, admet Démare. On a manqué de solidarité pour faire face ».
« C’est peut-être ça notre erreur tactique, il aurait fallu qu’on soit deux ou trois dans la deuxième bordure, ajoute Bouhanni, esseulé dans le groupe de chasse. Du coup les Allemands étaient seuls pour rouler. » Tout ce petit monde ne verra finalement que de très loin remporter son deuxième titre d’affilée. Ça aussi, tout le monde était prévenu, d’ailleurs.


















