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Tour de France 2013: «Il ne faut pas que les coureurs vivent le repas comme une punition», affirme le médecin de la FDJ.fr

Tour de France 2013: «Il ne faut pas que les coureurs vivent le repas comme une punition», affirme le médecin de la FDJ.fr

CYCLISME – Il détaille la nutrition des cyclistes de l'équipe française…
Romain Baheux

Romain Baheux

De notre envoyé spécial à Bastia (Haute-Corse),

Trois semaines de vélo, ça creuse. Pour tenir le coup, les coureurs de la Grande Boucle doivent s’alimenter correctement. Gérard Guillaume, médecin de la FDJ.fr depuis 1999 en charge de la nutrition de l’équipe française, décrit le modèle alimentaire qu’il applique aux coureurs.
les coureurs de la Grande Boucle
Trois semaines de vélo, ça creuse. Pour tenir le coup, les coureurs de la Grande Boucle doivent s’alimenter correctement. Gérard Guillaume, médecin de la FDJ.fr depuis 1999 en charge de la nutrition de l’équipe française, décrit le modèle alimentaire qu’il applique aux coureurs.
Quel est votre travail sur la nutrition de l’équipe FDJ.fr?
Le Tour dure trois semaines et peut moduler la nutrition par des variations climatiques. Il y a deux points à gérer: la nourriture prise à l’hôtel matin et soir et qui suit les recommandations de l’organisation, et il y a la nutrition sur le vélo, lors des ravitaillements. Ce n'est pas toujours facile, ils oublient parfois de mettre la main à la poche et ça peut être redoutable. Il faut aussi penser à l’hydratation, on s’attache à leur répéter surtout quand il fait chaud.
Que mangent les cyclistes sur une épreuve comme le Tour de France?
La nourriture est très monotone et est essentiellement basée sur des sucres lents. Le soir à l’hôtel, c’est souvent pasta-party. Par contre, je suis contre l’idée de proposer des pâtes le matin, comme c’est souvent le cas. Je préfère donner du riz car les pâtes ont un cycle de digestion plus lent. Ca peut leur amener des flatulences ou des problèmes digestifs, il ne faut pas surmener l’estomac pendant l’étape. C’est pour ça que je programme le repas matinal au moins trois heures avant de partir et que j’évite de leur faire manger des choses lourdes et indigestes.
Concrètement, à quoi ressemble un repas type sur le Tour?
Les entrées, ce sont très souvent des crudités. Ensuite, je propose une viande, blanche ou rouge, avec du poisson. De temps en temps, on peut leur mettre une pizza au menu. Je n’hésite pas à donner des desserts. Il faut que ce soit sympa et que les coureurs ne vivent pas le repas comme une punition. Ils ont au moins toujours des fruits mais ils ont aussi droit à des tartes ou à des mousses au chocolat de temps en temps.
Que peuvent-ils boire?
Je tolère qu’ils prennent un coup de rouge le soir. Un petit verre, ça reste sympa mais il faut juste que ça ne dégénère pas. On met des règles mais il faut savoir être souple pour leur donner un peu de plaisir.
Que doivent-ils faire une fois sur le vélo?
Surtout penser à s’hydrater. J’évite cependant qu’ils boivent de l’eau pure. Ca peut causer des fuites de sel ou des coups de chaleur. Je sale légèrement l’eau sans que ce soit perceptible au goût et je combine ça avec une boisson énergétique de manière à leur apporter le carburant nécessaire.
Y a-t-il des aliments que vous ne souhaitez pas voir à table?
Jamais de Nutella. C’est un apport de sucre rapide qui fait développer les graisses et qui n’a aucune vertu particulière à part flatter les goûts. Je prescris aussi les plats trop épicés ou les hamburgers.
Les caractéristiques de la course influent-elle sur le menu?
Il faut s’adapter au profil de l’étape. Pour un contre-la-montre court, on leur demande de manger léger. Lors d’une étape de montagne, ils peuvent consommer l'équivalent de trois repas pour un individu lambda. Ces soirs-là, je vous assure qu’il faut mieux les avoir en photo qu’à table. Je suis obligé de les freiner.
C’est à dire?
Ils ne doivent pas manger un sandwich dès leur arrivée. Il faut laisser le temps à l’estomac de se réadapter avec une alimentation mi-liquide, mi-solide. Pendant des heures et des heures, le sang a été dirigé vers la périphérie du corps, il ne faut pas lui demander une surcharge de travail. Sinon, le coureur le paie les jours suivants avec des brûlures d’estomac.
Les allergies de certains coureurs sont-elle gênantes?
J’ai eu des intolérants au gluten, ce n’est pas facile à gérer. Il faut anticiper le ravitaillement. On cherche du pain sans gluten et du quinoa pour les nourrir. Ce n’est pas impossible à gérer mais sur un système itinérant comme le Tour de France, il faut être prévoyant.
Tour de France
J’ai eu des intolérants au gluten, ce n’est pas facile à gérer. Il faut anticiper le ravitaillement. On cherche du pain sans gluten et du quinoa pour les nourrir. Ce n’est pas impossible à gérer mais sur un système itinérant comme le Tour de France, il faut être prévoyant.