Les coureurs de l'équipe Sky, lors du Tour de France le 8 juillet 2012 sur la route de Porrentruy (Suisse).
Les coureurs de l'équipe Sky, lors du Tour de France le 8 juillet 2012 sur la route de Porrentruy (Suisse). - B.Cristel/REUTERS

Romain Scotto

En montagne, il y a les télésièges pour grimper tranquillement vers les sommets. Et il y a le train de l’équipe Sky. En file indienne, ils sont six, parfois un peu moins, à ouvrir la route au maillot jaune du Tour, Bradley Wiggins, vainqueur du contre-la-montre de lundi devant son coéquipier Christopher Froome. Mis à part Cavendish et Eisel, qui bénéficient d’un passe-droit pour rester au chaud dans le peloton, l’escorte se compose de rouleurs dévoués et de grimpeurs obligés de travailler pour leur leader, comme le fit Froome dans l’ascension de la Planche des Belles Filles. Sur le Tour, cette élégante procession en rappelle inévitablement une autre: l’US Postal de la fin des années 90 et du début des années 2000.

Le rapprochement n’est d’ailleurs pas du goût de Wiggins, qui s’est emporté sur le sujet dimanche soir. «Je ne peux pas admettre que des gens disent cela, sur Twitter ou ailleurs. Il faut être débile pour dire des choses pareilles. Que ceux qui écrivent ce genre de merdes bougent d’abord eux-mêmes leur cul.» On l’a compris, il ne fait pas bon être associé à Lance Armstrong ces temps-ci d’un point de vue éthique. Dans la garde rapprochée du septuple vainqueur du Tour, les dopés repentis ne se comptent plus.

«En tant qu’adversaire, c’est impressionnant»

Pour Jean-Cyril Robin, ancien équipier des deux leaders, il est impossible de rapprocher les deux personnages: «Au niveau du caractère, cela n’a rien à voir. Armstrong était le big boss de l’US Postal. Sky, c’est tout un ensemble de choses. Après, l’équipe est un peu trop fermée à mon goût. C’est là que  ça ressemble l’US Postal.» En course, la force collective des Sky rappelle aussi celle des «Postiers» de LA. «Gagner le Tour de France, c’est un objectif d’équipe», avance le Français Pascal Deramé, vainqueur du Tour 1999 au côté d’Armstrong. «Ils vont chercher de bons garçons pour emmener Wiggins. Quand on est avec les meilleurs, c’est plus facile. Pour l’instant, on n’a vu qu’une montée de six kilomètres. Ce sera plus dur dans les jours à venir.»

Mercredi, lors de l’étape de Bellegarde sur Valserine, puis le lendemain vers la Toussuire, la tactique des Sky semble déjà écrite. A l’avant, ils rouleront pour dissuader les attaquants. Laurent Brochard se souvient très bien de l’époque où il s’agissait de suivre ce type de train. «Je pense qu’ils ont copié le même schéma qu’Armstrong avec ses équipiers de luxe. En tant qu’adversaire, c’est impressionnant. On sait qu’on ne peut pas attaquer, ça roule trop vite. Il y a dans l’équipe des coureurs qui pourraient être leaders ailleurs.» Mais avant cela, Boasson Hagen, Froome, Porte ou Rogers ont un première mission à remplir au service de Bradely Wiggins.