Le Slovaque Peter Sagan, le 4 juillet 2012 à Abbeville.
 Le Slovaque Peter Sagan, le 4 juillet 2012 à Abbeville. - B.Cristel / REUTERS

Alexandre Pedro

Le peloton a découvert Peter Sagan sur les routes australiennes de la Cancer Council en janvier 2010. Première course, première échappée et Lance Armstrong pour compagnon de fugue. «LA» tombe tout de suite sous le charme du gamin de 19 ans. «Ce jeune Slovène a beaucoup de talent.» L’Américain avait à moitié raison. Sagan n’est pas Slovène mais Slovaque. Pour le talent, rien à redire en revanche. Même pas intimidé pour son premier Tour de France, «Tourminator» a déjà fait mouche sur deux étapes et pris une option pour le maillot vert. «Je ne vois pas qui peut le battre pour ce maillot», lâche un Eddy Merckx impressionné par la maîtrise du garçon de 22 ans.

Hinault le voit gagner le Tour

Et ce n’est qu’un début. Depuis qu’il a débarqué dans le peloton, cet ancien champion de VTT et de cross-country est l’objet de tous les fantasmes. «Cela faisait très longtemps qu’on n’avait pas vu un garçon avec un tel talent, avoue le coureur de la FDJ Benoît Vaugrenard. On nous avait annoncé un phénomène, on n’a pas été déçu.» Ses 38 victoires en même pas trois ans de carrière parlent pour lui. Reste à savoir sur quel territoire il est amené à régner.

Bernard Hinault voit bien le finisseur muer prochainement en coureur par étapes. «Il me rappelle moi à mes débuts. J'étais un peu rond comme lui. S'il perd deux, trois kilos, il peut se mouvoir en grimpeur et devenir un futur vainqueur de grand tour», annonce sur RMC Info le quintuple vainqueur de la Grand boucle. Si l’ancien sprinteur, Frédéric Moncassin le «voit limité dans des ascensions de plus de dix minutes» Cyrille Guimard annonce «un top 10 sur un grand tour d’ici deux ou trois ans». Pour l’ancien mentor des Fignon, Lemond ou Hinault, «quand on a autant de watts sous le capot, on peut grimper».
 

Les classiques d’abord

Sauf que pour l’instant, Sagan choisit encore ses étapes. «Il ne joue pas. Il ne s’est pas encore donné à fond dans un grand col, observe Guimard. Mais comme il va chercher à marquer des points pour le maillot vert, on va peut-être le voir à l’attaque dans une étape de montagne.»

Toutefois, les Schleck, Contador et Evans peuvent encore voir venir. Avant de peut-être voltiger dans les cols, le Slovaque ne jure que par les classiques. «A part sur Paris-Roubaix, il a déjà montré qu’ils pouvaient toutes les gagner», avance Vaugrenard. Cyrille Guimard conclut par un conseil en forme de prophétie. «Si j’étais Cancellara et Boonen, je me dépêcherais de gagner une ou deux autres classiques.» C’est que le roman de Peter Sagan en est encore qu’à son premier chapitre.