Le défenseur de l'Allemagne, Mats Hummels, le 13 juin 2012 à Kharkiv.
Le défenseur de l'Allemagne, Mats Hummels, le 13 juin 2012 à Kharkiv. - M. Buholzer / REUTERS

Alexandre Pedro

De notre envoyé spécial à Gdansk,

Mats Hummels représente une certaine idée que l’Allemagne se fait d’un grand défenseur. Elégance, technique, autorité, verbe facile (sans doute hérité d’une mère présentatrice radio) et capacité à apporter le surnombre en milieu de terrain. Bref, Franz Beckenbauer. A 23 ans, Hummel ne prétend pas encore au titre de Kaiser. Révélation de ce début d’Euro avant ce quart de finale de vendredi contre la Grèce, il savoure déjà la seconde chance offerte par Joachim Löw. Car son Euro a bien failli s’arrêter avant même de commencer. Mais du naufrage défensif contre la Suisse en match de préparation (5-3), le sélectionneur a sacrifié l’expérimenté Per Mertesacker et conservé Hummels, pour l’associer à Holger Badstuber. L’intéressé en a été le premier étonné. «Je n'ai appris que vendredi soir que j'allais débuter, à moins de 24 heures du coup d'envoi», avouait-il après le premier match contre le Portugal.

Löw doutait de lui

Et cette fois, on a retrouvé le Mats Hummels de Dortmund. Impérial. Il s’est même permis quelques remontées de balles dont il a le secret. «Il est l’avenir à ce poste, avance Peter Zeidler, l’entraîneur allemand de Tours. Il analyse bien le jeu et posséde une technique supérieure à la moyenne  Il peut devenir le patron de la défense. Mais il est encore capable de commettre de grosses erreurs.»

Löw a longtemps retenu ce dernier point. Ce n’est un secret pour personne, le sélectionneur ne porte dans son cœur le Dortumund de Jürgen Klopp avec son jeu trop direct et agressif à son goût. «On ne va pas rencontre Hanovre et Nuremberg», balance-t-il quand on l’interrogé sur la faible représentation des champions d’Allemagne dans sa Mannshaft.

Rejeté par le Bayern

Klopp n’a jamais douté, lui, du potentiel de son joueur. «Mats est un joueur exceptionnel. Je ne sais pas si, sur tout sur le continent, il existe un défenseur aussi bon que lui», s’emportait un rien l’entraîneur du BVB quand Hummels prolongeait son contrat début juin. Aux dernières nouvelles, Barcelone ne désespère pas de l’arracher à sa Rhénanie d’adoption contre un transfert estimé à 30 millions d’euros.

Car avant de devenir l’idole du Westfalenstadion, le défenseur est un pur produit de la formation du Bayern Munich. Quatre ans après avoir expédié cet espoir chez le grand rival de la Rhur, les dirigeants se justifient comme ils peuvent aujourd’hui. «Nous avons toujours cru en Mats, jure Karl-Heinz Rummenigge en tant que directeur exécutif du club bavarois.  A l’époque, nous avions quatre défenseurs axiaux et tous étaient  internationaux. Ce n’était pas facile pour lui.» Habitué à récupérer les principaux talents du pays, le Bayern risque de tomber sur un os avec Hummels. Surtout après avoir licencié en début d’année son père de son titre de responsable de la formation. Un poste occupé depuis par le fils de…  Franz Beckenbauer.