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Euro2012: A Gdansk, les supporters espagnols ne connaissent pas la crise

Euro2012: A Gdansk, les supporters espagnols ne connaissent pas la crise

FOOTBALLIls sont plus de 10.000 à animer les rues et les nuits polonaises...
Alexandre Pedro

Alexandre Pedro

De notre envoyé spécial à Gdansk,

«Merkel, Merkek, avec ton argent on va à l’Euro!» Leur pays traverse peut-être la pire crise économique de son histoire, les supporters espagnols ont encore le cœur à chanter et à chambrer. Dimanche, une marée rouge (pas loin de 10.000 aficionados de la Roja) a déferlé dans le centre historique de Gdansk. Quelques heures plus tôt, l’Union Européenne mettait la main à la poche pour renflouer les banques espagnoles à hauteur de 100 milliards d’euros. Alors quand ils commandent une nouvelle tournée de bières, Juan et sa bande venue de la banlieue Madrid font comme si la chancelière allemande régalait.

«Profiter de cette équipe»

Les problèmes, son crédit à rembourser et le chômage à 25%, Juan a laissé tout ça au pays. «Je vais te dire une chose. C’est peut-être la merde chez nous, mais une équipe comme on a en ce moment il faut en profiter.» En Pologne, ses copains et lui appliquent le programme à la lettre. Même avec le renfort de quelques tifosis habillés en centurions, les Italiens ont déjà perdu le match de l’ambiance. Et ce n’est qu’un début. Avec trois rencontres de la Roja programmées à la Gdansk Arena, la perle de la Baltique vit à l’heure hispanique. Même le DJ de Parlament (la boîte recommandée par la jeunesse locale) s’adapte à sa façon à cette nouvelle clientèle. Jusqu’à enfiler quatre fois dans la nuit la «Camisa negra» de Juanes.

A trois euros la boisson alcoolisée, Vicente peut trinquer à la santé de Marino Rajoy. «Je sais que le retour au pays va me faire mal à la tête, souffle cet étudiant qui ne porte pas vraiment dans son cœur son conservateur de Premier Ministre. Comment j’ai lâché mon appartement, pour revenir vivre chez mes parents, je me suis dit qu’avec l’argent économisé j’allais venir soutenir la Roja.»

Casillas connaît aussi la crise

Mais on peut aussi aimer et compter. Tout est bon pour réduire la facture: s’entasser à trois dans une chambre d’hôtel ou passer pas Beauvais pour rallier la Pologne en partant d’Albacete. Des efforts qui ne passent pas inaperçus auprès d’Iker Casillas et ses partenaires. Le capitaine de la sélection lit aussi les pages éco des journaux. «On connaît la situation et la crise nous affecte tous. Moi, le premier. J’ai des amis et des cousins qui sont touchés directement. Je sais que chacun dans l’équipe agit à son niveau. Certains aident des associations et des ONG, mais on souhaite que cela reste discret et personnel.»

Mais plus qu’un message de solidarité, les supporters attendent un triplé historique de la part de leur sélection. «Ça ne changerait rien à ma situation, relativise Vicente, mais au moins on aura pensé à autre chose pendant trois semaines.» En attendant d’éventuelles retrouvailles en finale contre l’Allemagne le 1er juillet à Kiev, l’Espagne a débuté par un nul 1-1 contre l’Italie… Le même résultat que la Grèce deux jours plus tôt face à la Pologne. Un mauvais présage économique et sportif?