Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Roland-Garros: Le jour où j'ai battu Rafael Nadal sur terre battue, par Olivier Mutis

Roland-Garros: Le jour où j'ai battu Rafael Nadal sur terre battue, par Olivier Mutis

TENNIS•Ancien 71e joueur mondial, il est le seul Français a avoir fait plier l'Espagnol sur terre à Palerme en 2004...
Romain Scotto, à Roland-Garros

Romain Scotto, à Roland-Garros

Ils ne sont pas nombreux à pouvoir pavaner en croisant Rafael Nadal à Roland-Garros. Même s'il entame son tournoi sur la pointe des pieds, l’Espagnol n’a pas laissé filer beaucoup de matchs sur terre depuis le début de sa carrière. Surtout contre les joueurs français. En vingt-deux confrontations (tournois ATP et challengers compris), seul Olivier Mutis, alors 113e mondial, est parvenu à réaliser l'exploit. «Oui, je sais, sur Wikipedia, c’est le seul truc qu’on dit sur moi», se marre le retraité, aujourd’hui entraîneur à Metz.

«Pas encore la Bête»

Le Lorrain se souvient parfaitement de cette victoire de prestige (6-3, 6-3), en septembre 2004 à Palerme. «Rafa avait battu Almagro au premier tour. Moi, Patience. Pour le coup, j’avais vraiment bien joué cette semaine là.» Pas fou, Mutis sait bien que le joueur qu’il avait en face de lui n’avait pas grand-chose à voir avec l’actuel numéro 1 mondial.

Il y a sept ans, Rafa n’était encore qu’un ado en pleine croissance. Moins destructeur en fond de court, moins complet dans ses coups. «Je me souviens qu’il y avait encore de quoi faire sur son revers. En montant un peu dessus, ce n’était pas le passeur qu’il est devenu. Ce n’était pas encore la Bête. Et moi j’étais chaud quand même.» Si chaud que, quelques mois plus tard, il se hisse jusqu’en huitièmes de finale de Roland-Garros. Blessé, Nadal n’avait pas pris part au tournoi cette année là.

Le joueur qui fumait des cigarettes

Mutis était aussi loin de se douter de la dimension que prendrait Nadal. «Qui pouvait imaginer qu’il allait mettre des doudounes à tout le monde? On savait qu’il serait top 10, mais de là à imaginer qu’il gagne tout… » Par la suite, le Français n’a jamais recroisé le Majorquin en tournoi. Le seul retour dont il se souvient émane de Toni, le tonton-coach. «J’ai lu un article où il récapitulait les défaites de son neveu sur terre. Il avait dit que Rafa avait perdu contre le joueur qui fumait des cigarettes. Bon, il avait dû me choper en train d’en fumer une. Ça m’arrivait de temps en temps…»

Cela ne l’avait pas empêché de réaliser l’exploit de sa carrière. Avec un peu d’humour, Mutis se permet même de donner la recette aux adversaires de l’Espagnol pour le mettre à terre. «Allez, le discours un peu bateau: Prendre la balle tôt. Et aller chercher le revers. L'attaquer le plus possible.» Il leur souhaiterait surtout bonne chance.