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Nicolas Anelka: «Chez les Bleus, je ne suis personne»
INTERVIEW•A quelques heures du match amical France-Angleterre, rencontre avec l’attaquant de Chelsea...Propos recueillis par Pierre Koetschet
A quelques heures du match amical France-Angleterre, rencontre avec l’attaquant des Bleus, grand amoureux du football britannique.
Vous avez passé la majeure partie de votre carrière en Angleterre, pourquoi vous sentez-vous aussi bien dans ce pays et dans ce football?
C'est le meilleur championnat du monde, avec les meilleurs supporters, même si j'ai vécu des moments extraordinaires en Turquie. Et puis c'est un football très offensif, très engagé. Le football, c'est un sport d'hommes, c'est pas pour ceux qui tombent après un coup d'épaule, ou qui tournent quatre fois sur eux-mêmes. C'est parfois marrant à la télévision, au ralenti, tout ce cinéma, mais ici, cela n'existe pas. C'est un football rugueux, physique. Il faut vraiment être costaud, avoir une présence sur le terrain pour pouvoir jouer en Angleterre, pour le vrai foot.
Mais pourtant, les Anglais ne sont pas qualifiés pour l'Euro, est-ce que vous ne croyez pas que le foot anglais n'est pas un peu surévalué?
Non, dans toutes les équipes, il y a beaucoup d'étrangers. Si on enlève tous les étrangers, il n'y a plus de championnat d'Angleterre. C'est pour cela que tout le monde vient ici.
Mercredi, c’est France-Angleterre. Est-ce que c'est un match dont vous parlez dans le vestiaire à Chelsea?
Non n'en parle pas du tout. C'est un match comme les autres. Si c'était un match de l'Euro ou de la Coupe du monde, on en parlerait peut-être, mais c'est un match amical!
Vous avez commencé avant-centre attiré par le but, et avec l'âge, l'expérience, vous appréciez de plus en plus de mener le jeu…
J'ai les qualités pour être attaquant, mais aussi pour être derrière l'attaquant et jouer en dix. Je veux pas m'enflammer, mais je pense que je n'ai pas que la mentalité d'un attaquant qui ne pense qu'au but. J'aime participer au jeu, j'ai autant de plaisir à donner un ballon, bien jouer au football que de marquer.
Vous ne vous sentez pas tueur?
Oui, je ne suis pas un tueur, mais si tu me donnes un ballon pour aller tuer le gardien, je vais le faire! J'aime surtout le foot, donc à partir du moment où c'est bien joué, où c'est du beau football, ça me va.
Et chez les Bleus, vous vous voyez jouer quel rôle? Plutôt animateur…
(Il coupe) Moi, je ne suis personne. Je ne revendique rien du tout. Je suis là et je regarde ce qui se passe autour de moi. Je parle quand je dois parler, mais je ne revendique vraiment rien du tout. Je ne veux pas non plus me faire passer pour le mec silencieux que je ne suis pas. Si on me donne la parole, je parle.
On a l'impression que l'équipe de France, depuis 1998, c'est vraiment une équipe avec un état d'esprit… Pour certains, c'est même un deuxième club…
Oui, c'est comme une famille. On se connaît très bien. Les nouveaux qui arrivent sont très bien intégrés. Il n'y a pas de différences, l'adaptation est directe. Après sur le terrain, ça se passe bien. Parfois, quand je vois la façon dont nous jouons, je trouve ça beau. On veut juste gagner le match. C'est ça qui sera la clé pour l'Euro: si tout le monde veut la gagner, on pourra faire quelque chose.
Vous pensez déjà à l'Euro? Vous vous y voyez déjà?
Comme j'ai fait pratiquement toutes les qualifications, je mentirais si je disais que je ne m'y vois pas. Maintenant, on ne peut pas savoir comment va se dérouler la compétition. C'est le football, on peut gagner comme on peut sortir au premier tour. C'est un groupe très difficile. Ça va se jouer sur les détails.



















