Stade Rennais-FC Nantes: Le saviez-vous? Un trophée sera remis en jeu lors du derby (si si)

FOOTBALL Il s'agit du « bâton de Guillot »...

Jeremy Goujon

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Explication de texte lors du dernier Rennes-Nantes, le 28 janvier 2017.

Explication de texte lors du dernier Rennes-Nantes, le 28 janvier 2017. — D. Meyer / AFP

  • Après le bâton de Nasazzi et celui de Bourbotte, voici le bâton de Guillot.
  • Le quoi ? Le batôn de (Jean) Guillot, du nom du capitaine du FC Nantes tombeur du Stade Rennais en décembre 1963, pour le premier derby du genre en D1.
  • Actuelle détentrice du trophée virtuel, la formation ligérienne défendra son « titre » le 25 novembre en Ille-et-Vilaine.

Match de derby. Avant le 73e affrontement dans l’élite entre le Stade Rennais et le FC Nantes, samedi au Roazhon Park (17 heures), 20 Minutes, en collaboration avec le site « ROUGE Mémoire » (consacré à l’histoire des Rouge et Noir), s’est amusé à créer une récompense virtuelle, à même de pimenter encore davantage le choc entre voisins. Il y avait jusqu’alors le « championnat de Bretagne », place désormais au « bâton de Guillot ».

Nasazzi, Bourbotte... Guillot

Ainsi, à l’image des bâtons de Nasazzi (en vigueur depuis 1930) et de Bourbotte (instauré rétroactivement il y a moins de dix ans), les cinq clubs bretons ayant évolué ou évoluant encore en Ligue 1 (Rennes, Nantes, Stade Brestois, En Avant de Guingamp, FC Lorient) se transmettent le « relais » à chaque victoire contre le détenteur du trophée.

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Si José Nasazzi, capitaine de l’Uruguay vainqueur de la Coupe du monde 1930, et François Bourbotte, celui du Lille champion de France 1946, ont donné leur nom respectif aux distinctions précitées, le prix made in Breizh, lui, est estampillé Jean Guillot, le porteur du brassard nantais lors de la victoire des Canaris contre Rennes, le 15 décembre 1963 au stade Malakoff (2-1). Soit le premier duel entre Bretons de l’histoire de la première division… considérant Nantes dans la région, malgré le redécoupage administratif de 1956.

Encensé par Bud

Décédé trois décennies plus tard à l’âge de 55 ans, l’ancien milieu-attaquant Jean Guillot, figure du Racing Club Paris, « en imposait par son calme, sa technique et sa vista », comme nous l’explique son ex-coéquipier et légende du FCN, Robert Budzynski. « En termes de comportement, c’était un garçon extrêmement intéressant », poursuit « Bud ».

Jean Guillot, deuxième accroupi en partant de la droite, avec le brassard de capitaine du FC Nantes. Premier debout en partant de la gauche, Robert Budzynski.
Jean Guillot, deuxième accroupi en partant de la droite, avec le brassard de capitaine du FC Nantes. Premier debout en partant de la gauche, Robert Budzynski. - ROUGE Mémoire

Le hasard - où plutôt l’historique des confrontations bretonnes en D1/L1 (210 rencontres au total à ce jour) - faisant bien les choses, les Jaune et Vert possèdent actuellement le bâton de Guillot, et ce, depuis leur succès face à Guingamp, le 21 octobre 2017 (2-1 également). Un sceptre imaginaire qui aurait pu s’appeler « d’(Yves) Boutet », du patronyme du capitaine rennais des sixties.

Ce boute-en-train de Boutet

« On croisait les Nantais à Montparnasse quand on revenait de déplacement, et on disait : "Les pauvres Nantais, ils sont toujours en deuxième division". On chambrait déjà à l’époque », rigole le recordman du nombre de matchs disputés avec le Stade Rennais, en référence à l’accession tardive des Ligériens (justement en 1963, vingt ans après la création du club). Les Rouge et Noir subirent donc un retour de… bâton à l’approche de Noël, avant de prendre leur revanche à domicile (3-1, le 7 juin 1964). Alors qu’il fit face à Jean Guillot avant le coup d’envoi desdits derbys, brassard oblige, Yves Boutet se souvient d’un homme « très sympa » l’ayant sollicité au crépuscule de sa carrière.

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« Je crois qu’il a terminé la sienne en Vendée ou autre [en réalité, à l’UES Montmorillon, dans le département de la Vienne], et il s’occupait de vendre des cuisines. Et comme je faisais ça à Rennes, à mi-temps avec le football, il m’avait contacté pour aller jouer là-bas et continuer de vendre des cuisines avec lui. C’était en 1967, et comme j’étais déjà branché sur autre chose, je lui ai proposé de contacter Giovanni Pellegrini [autre lauréat de la Coupe de France 1965]. Lequel a été là-bas, tout en étant un représentant en cuisines dont le patron s’appelait Jean Guillot ! »

Crainte et assurance

On ne sait pas encore si le Rennes-Nantes de ce week-end débouchera sur des anecdotes aussi savoureuses que celle-ci, mais toujours est-il qu’il comporte dorénavant un enjeu supplémentaire. Le FCN conservera-t-il le bâton de Guillot à l’issue des 90 minutes ? Le SRFC le lui chipera-t-il, au contraire ? « Nantes a l’air d’être beaucoup plus sérieuse et organisée comme équipe, observe Boutet. Mon cœur penche pour les Rennais, mais j’ai peur pour eux, car ils ne paraissent pas encore très bien armés… »

Le genre de constat qui devrait faire plaisir au pro-Nantais Robert Budzynski, plus catégorique quand on lui demande ce qui va se passer au Roazhon Park. « Sans dénigrer la valeur et les capacités rennaises, la question ne se pose pas : c’est un match qu’on doit gagner et qu’on va gagner. On ne pense pas pouvoir perdre la primauté du Grand Ouest chez nous contre Rennes (sic). »

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Tant pis (ou pas) pour la rédaction rennaise de 20 Minutes, elle qui voyait déjà son homologue nantaise titrer (ironiquement) : « Enfin un trophée pour le Stade Rennais ! ».